dimanche 26 mai 2013

Camps de concentration -Avortements-





AVORTEMENTS

Les femmes enceinte de 2 et 3 mois, subissaient un curetage ; les femmes enceintes de 4 à 7 mois subissaient une colpohystérectomie (c’est-à-dire une espèce d’opération césarienne basse).

Après avoir subi cette opération, la femme était fatiguée et anémiée par suite de l’alimentation insuffisante et du choc opératoire. La malade, au bout d’une dizaine de jours, était renvoyée dans son camp où elle passait quelques jours. Après la visite du docteur qui la déclarait inapte au travail, elle était envoyée à la chambre à gaz.

La méthode médicale employée était l’avortement mécanique. Le médecin, après avoir fait tuer le fœtus d’une piqure dans la tête, y fixait un lien à l’extrémité duquel pendait un poids. La femme, attachée dans son lit n’avait plus qu’à attendre l’extraction du fœtus.

 Le médecin, après avoir accompli son opération, laissait les patientes dans des souffrances terribles. Des infirmières m’ont affirmé que la durée moyenne de ces souffrances s’échelonnait entre 2 et 10 heures.

Aux femmes enceintes de 7 à 8 mois, on faisait des injections sous-cutanées avec un produit inconnu, afin de provoquer l’accouchement prématuré. Les injections firent de l’effet. Le fœtus venant au monde qui fût vivant ou mort, était détruit. Le but poursuivi était de provoquer l’accouchement prématuré par piqûre, sans employer des moyens mécaniques.




ACCOUCHEMENTS

On laissait quelquefois la nature suivre son cours et l’enfant naissait à l’hôpital.

Dès que les enfants étaient nés, ils étaient enlevés à la mère, enveloppés dans une serviette ou du papier. Ils étaient transportés au « Babschmitt 3 » et là ils étaient déposés dans une caisse à 3, 4, 5, 6, comme des petits chats ou des petits chiens que l’on laisse mourir. La camionnette de la Croix–Rouge, qui ramassait les contagieux des différents camps pour être emmenés au gaz, passait prendre ces petits. Ils étaient vidés par-dessus les malades comme de vulgaires colis.

Si l’enfant était mort-né, la mère retournait éventuellement au camp et risquait sa chance comme les autres d’être choisi pour le four. Si, par contre l’enfant était vivant, alors tous deux étaient envoyés au four.

Un difficile problème et un cas de conscience pénible se posait pour les médecins détenus ; l’enfant mort aussitôt la naissance, la mère échappe à la mort. Peut-on sacrifier l’enfant pour sauver la mère ? Ce moyen a été employé plusieurs fois pour sauver la mère, et la vérité va choquer beaucoup de personnes ; les mères acceptaient assez bien le sacrifice de leur enfant puisque c’était là un moyen de se sauver.

Les souffrances physiques et morales que nous supportions, l’atmosphère du camp dans lequel nous vivions, avaient peut-être changé notre état d’âme.

STERILISATION (femmes)

La stérilisation était pratiquée.

Les femmes subissaient la stérilisation. En 1944, l’appareil servant à la stérilisation fut transporté dans les blocks des femmes se trouvant en dehors du camp. Le nombre des femmes stérilisées fut très grand. La stérilisation chez les femmes était pratiquée par l’application des rayons X.

J’ai vu des camarades qui furent stérilisées, je puis vous donner les noms.

J’ai vu stériliser des Tziganes et les Juifs.

On stérilisait surtout les Tziganes et les juives, mais aussi parfois les prisonnières allemande prises en délit d’avoir eu des rapports avec des ouvriers étrangers.

Au moment de la stérilisation des femmes (après le premier essai par cautérisation qui n’a pas suffisamment réussi), les stérilisations ont été faires par opération. On m’a amené dans mon service (block 9 de chirurgie) des femmes et même les enfants à ventre ouvert qui ont été laissés après l’opération sans être recousus. Nous n’avions à notre disposition aucun pansement et n’avions pas le droit de les faire que deux fois par semaine avec du papier de soie qui était arraché et pourri au bout d’une heure.

Ces plaies étaient donc en contact avec des couvertures sales et pleines de poux,, avec la paille de la paillasse et la diarrhée du malade qui envahissait la paillasse.

J’ai vu personnellement plusieurs centaines de femmes stérilisées dont plusieurs sont mortes de péritonites.

Ils ont stérilisé même, je crois, des enfants, car ils ont pris l’élément féminin de 7 à 45 ans. Ceci se passait en janvier 1945. Ils les stérilisaient sans les anesthésier et les enfants hurlaient.

J’ai soigné particulièrement, en la bandant avec de vieux linges, une petite fille de 12 ans sur laquelle on avait pratiqué la stérilisation.

STERILISATION ET CASTRATION D’HOMMES

En 1943 et 1944, les Allemands firent une sélection de jeunes gens d’origine juive, à leur arrivée au camp de Birkenau. Ils étaient âgés de 13 à 16 ans. Sous prétexte de leur apprendre le métier de maçon, ils furent groupés au block n°7 du camp d’Auschwitz où ils suivaient des cours de maçonnerie. Il est à supposer que ces jeunes gens, au nombre de 5 à 600, furent choisis en vue de stérilisation ultérieur après un séjour au camp de plusieurs mois et après un régime alimentaire déterminé.

Au block 21, ils châtraient les Tziganes hommes.

Il y eut des milliers de jeunes gens grecs stérilisés. On les menait à un appareil électrique ; si, au bout de quelques mois ils étaient encore aptes à accomplir l’acte sexuel, on les castrait.

Les Allemands pratiquèrent un grand nombre de stérilisation et de castration sur les détenus jeunes, choisis au camp de Birkenau et d’Auschwitz.

Je fus convoqué un matin, de Birkenau à Auschwitz. Ce fut exactement le 19 mai 1943.

Je fus dirigé sur les services de la désinfection où l’on me prit tous mes vêtements et je reçus une nouvelle tenue de camp. Puis, on m’envoya en Revier (Chirurgische Abteilung), où il me fut ordonné de me coucher.

Le lendemain, je fus amené de force sur la table d’opération où l’on voulut me faire une injection dans la colonne vertébrale. Je me suis débattu et réussis à leur faire casser la seringue, mais néanmoins, ils me maîtrisèrent à 12 purent pratiquer cette piqûre. Immédiatement après, je me sentis comme paralysé des membres inférieurs. A signaler que le même docteur procéda à des opérations de castration complète sur plusieurs centaines d’autres internés, la plupart des jeunes gens de 20 à 30 ans.

M.C….a vu et peut certifier que chez de nombreux jeunes gens et enfants israélites, les Allemands ont procédé à l’ablation des parties sexuelles.

Les castrations étaient fréquentes chez les prêtres ; elles entraînaient infailliblement la mort, car elles étaient pratiquées par des non-professionnels qui n’avaient aucune notion des règles chirurgicales.

Quel était le but de ces stérilisations et castrations ? Il était supposé géopolitique. Cette supposition est fondée sur le fait suivant : l’espace occupé par les 80 millions d’Allemands après une période de 25 ans (suivant la fin de la guerre gagnée par  l’Allemagne) serait insuffisant pour nourrir et loger l’accroissement escompté de 15 à 20 millions d’Allemands. Le régime nazi aurait élargi son « Lebensraum » sur le compte des pays limitrophes comme la France, la Tchécoslovaquie, la Pologne et l’Ukraine. Les populations de ces régions, après stérilisation, aurait fourni de la main-d’œuvre pendant 25 à 30 ans et se seraient éteintes sans laisser de progéniture.

Dans ces espaces vidés des populations indigènes par les conséquences de stérilisation, les Allemands auraient placé le surplus de leur population.

Les jeunes gens choisis pour les stérilisations étaient âgés de 18 à 35 ans, tous bien portants et si possible sans tare.

Chacun d’eux exposait sur une planchette sa bourse à l’action des rayons X. Les victimes déclarèrent que le docteur vérifiait lui-même si les testicules étaient dans la bourse et non refoulées dans le canal inguinal. L’exposition aux rayons X durait 5 à 6 minutes. Cette durée d’exposition fut fixée après un très grand nombre d’essais.

Après la séance, les jeunes gens dont le numéro était inscrit sur un registre spécial avec la date à laquelle la stérilisation était pratiquée étaient renvoyés temporairement au camp. Le Schreibstube principal recevait une liste indiquant leurs noms et numéros et ils étaient exclus des sélections possibles jusqu’à nouvel ordre.

Quelques semaines ou quelques mois après cette stérilisation, les jeunes gens étaient convoqués au camp d’Auschwitz, block 21 (chirurgie). Ils étaient introduits au laboratoire où on les interrogeait sur les troubles apparus chez eux depuis la date de la stérilisation : désirs sexuels, pollutions nocturnes, troubles de la nutrition, de la mémoire, du caractère, etc. Ensuite, on les obligeait à se masturber et on recueillait une goutte de sperme sur une petite lame en vue d’examen microscopique. Si la base physiologique de la masturbation manquait, on provoquait l’érection par un massage digital de la prostate.

Après quelques secondes, les Allemands ont trouvé que le massage de la prostate fatiguait le masseur ; on inventa alors un autre système au moyen d’une manivelle qui était introduite dans le fondement du malheureux ; quelques tours de manivelle suffisaient pour provoquer l’érection et l’éjaculation du liquide spermatique. Le sperme était examiné par un bactériologiste en vue de rechercher la vitalité des spermatozoïdes, c’est-à-dire s’il en existant encore de vivants.

En 1944, les Allemands apportèrent au camp un microscope spécial qu’ils appelaient « microscope à phosphorescence », basé sur le principe qu’une cellule vivante était phosphorescente et qu’une cellule morte ne l’était plus, ce qui leur permettait de différencier un spermatozoïde mort d’un vivant.

La castration ne fut pas toujours complète, tantôt on enlevait un testicule en entier, tantôt 1/4, tantôt une moitié ou ¾ suivant les indications et le but poursuivis par le docteur.

Dans d’autres cas cas castration était bilatérale, donc complète.

Le testicule ou le fragment de testicule était placé dans un tube stérilisé avec la formaline à 5 ou 10% et envoyé à Breslau à l’institut pour l’étude histopathologique des tissus.

J’ai assisté moi-même un seule fois à deux castrations.

L’incision était faite dans la région inguinale, incision unilatérale ou bilatérale suivant le cas de castration complète ou incomplète. On tirait sur le cordon funiculaire, on mettait le testicule à nu, on ligaturait les vaisseaux et on procédait à l’ablation de la portion contenant le testicule. On faisait ensuite quelques points de suture et drainage.

L’ingrédient anesthésique était la novocaïne par injection intra-rachidienne, jamais d’anesthésie générale.

Après l’opération, les jeunes gens étaient placés dans la salle n°5 du block 21 sous la surveillance d’un infirmier allemand spécialisé dans les soins postopératoires de ce genre.

Après un séjour de huit à dix jours, les opérés étaient transférés dans la salle n°1 du même block où j’étais médecin traitant.

Chez certains, la cicatrisation se faisait sans suppuration, chez d’autres la suppuration apparaissait suivie de tout son cortège de complications ce qui prolongeait le séjour du malade dans la section chirurgicale et l’exposait à une sélection.

Dans certains cas, les castrés, après stérilisation par la méthode physique,, revenaient au block chirurgical avec des phlegmons d’apparence normale dans la région inguinale. Des incisions malencontreuses de ces phlegmons ont entraîné ans deux cas la mort par septicémie.

Il est à présumer qu’étant donné l’extermination méthodique des Juifs entreprise dans les camps, cette stérilisation était étudiée sur eux dans le but d’être appliquée par la suite aux non Juifs autres que les Allemands.

A suivre -Le corps médical allemand-
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