samedi 15 juin 2013

WESTERN (04/05/1990)



Le 24 et 25 mai de chaque année
Chaque année bien qu’il continuât de connaître un succès incessant Ricardo BALIARDO (Manitas de Plata) revenait les 24 et 25 mai aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Ces deux dates sont importantes pour les gitans d’Europe Centrale, ce sont les jours du culte en commun à Sara la noire (la kâli). L’église des Saintes Maries ville où le Rhône se jette dans la mer méditerranée, est devenue notre lieu de pèlerinage. Les légendes autour de l’arrivée de Sara la kâli sont variées et restent l’objet de nombreux débat ! Il semblerait que les ossements de Sara aient été découvert au XVe siècle près du lieu de débarquement des trois rois mages et qu’ils aient été déposés dans une crypte de l’église des Saintes-Maries-de-la-Mer.
Depuis cette époque le pèlerinage des gitans en Provence se fait chaque année le 24 et 25 mai.
Toutefois les gitans ne reçurent la bénédiction de l’église qu’en 1912 (tout autant que Sara la Kâli n’est à ce jour toujours pas canonisée) ce fut alors la première fois que les gens d’église de la région nous autorisèrent à pénétrer dans la crypte. Et depuis 1935 les prêtres et évêques catholiques accompagnent la procession jusqu’à la mer dans laquelle la statue de Sara est baignée de manière symbolique. De retour à la crypte les femmes touchent et embrassent la statue de gypse érigée au XVIIIe siècle. Des vêtements sont déposés près d’elle afin qu’elle protège nos communautés durant le voyage de retour. Les membres de nos communautés qui ne peuvent se déplacer le jour du pèlerinage pour causes de maladie se promettent protection et guérison, et demandent pour cela aux membres de leur famille de faire bénir des photos et des vêtements par Sara la kâli.
Durant ces journées ont lieu des mariages et des baptêmes sur des notes festives avec beaucoup de musiques émanant de toutes les représentations de nos communautés.
Il fut un temps les communautés gitanes jouaient sur les terrasses des hôtels restaurants, (Boisset, les Vagues, la Plage, Fournalet, Félibre, table de Jeanne etc.) et devant leurs caravanes. Leurs musiques enchantaient des centaines de touristes, ce qui donnait une note très gaie à cette fête chrétienne. Une tradition qui se perd lentement.
A présent plus de touristes que de gitans et village dans lequel les restaurants et les bars ferment le soir d’autant que l’arrêté de monsieur Chassain Maire des Saintes-Maries-de-la-Mer interdisant la musique le soir n’arrangera pas les choses.
Cette année encore nous avons eu le plaisir de voir le patriarche Manitas de plata (92 ans) mais pas le plaisir d’entendre les sons de sa guitare et nous avons toujours en mémoire, les soirées passées au mas du Clarousset ou chez Henriette  AYSSET  et Jean Louis qui ont accueilli des centaines de musiciens gitans pour des fiestas  qui s’achevaient souvent à plus de 6 heures du matin.
Manitas vu son grand âge à laisser après la mort de José REYES la place aux Gipsy Kings et autres musiciens Gitans qui voyagent à travers le monde avec leur musique au style plus moderne.
                                                                                       Véronique LABBE
                                                                 Références au Magazine WESTERN (04/05/1990)
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