jeudi 5 novembre 2009

A TRANSMETTRE A NOS ENFANTS

Devoir de mémoire à transmettre aux générations à venir.




Beaucoup de membres de la population des gens du voyage ont péri dans les camps de la mort lors de la seconde guerre mondiale.



Ils sont morts sans trop savoir pourquoi, de ce fait certains sont persuadés d’avoir réussi la conspiration de l’oubli. Pourtant des hommes, femmes, enfants ne demandaient rien si ce n’était que de vivre avec leur us et coutumes.



Ils sont été mutilés, massacrés, les yeux exorbités par la peur mais pensant qu’un jour leurs enfants pourraient continuer à vivre.



Aujourd’hui toutes nos musiques (jazz-manouche, flamenco, musique tzigane) et notre histoire survolée par ceux qui tentent de faire croire à leur savoir et qui pensent ainsi peser encore un peu plus sur cette chape de plomb instaurée sur cette ignominie afin de nous faire admettre que la bête immonde n’avait jamais existé. Ils voudraient nous persuader que cette monstruosité (le racisme) n’avait jamais vécu et n’avait pas engendrée des monstres tel qu’Hitler et s’imaginent effacer tout cela recouvert par un vent de sable venu du désert. Mais ils sont tombés par dizaines et centaines de milliers : pour mémoire sur les 1 million 750 Rrom qui vivaient en Europe à cette époque, entre 500 000 et 750 000 ont péri dans ces camps de la mort.



Peut-on également oublier que nos fillettes et garçonnets, entre l’âge de 6 et 8 ans étaient stérilisés au même titre que les adultes. Ces stérilisations de masse sont de fait un crime empêchant de « naître gitans ». Ces pratiques tentaient l’extinction de notre race de façon à nous faire rentrer dans la nuit éternelle. La mort les a frappés sans leur demander leur âge à Ravensbrück, à Auschwitz, Majdanek, Mauthausen, Chelmno, etc .., ces camps où nos bourreaux nous surnommaient Unten Munchen (sous hommes).



Nous sommes de ce peuple qui vit sans sépulture et qui ne se plaint pas, mais qui ne baisse pas la tête sous l’injure et clamons très fort notre volonté de voir reconnu les massacres de nos populations organisés sous le gouvernement du maréchal Pétain en accord avec l’Allemagne hitlérienne.



En 1946 étaient libérés 10 000 derniers tziganes détenus dans des camps. Pourquoi ? Alors que l’armistice avait été signée en 1945, soit un an auparavant.



Nos grands-parents, nos parents nous ont légué une obligation de mémoire et nous le respectons. Que vaudrait ce respect si nous n’inculquions pas ce devoir de mémoire à nos enfants, petits-enfants etc…. Quand nos yeux se fermeront définitivement à eux de continuer à perpétrer ce terrible souvenir non par fierté mais pour veiller à ce que cela ne se reproduise plus jamais car tout homme, même seul, assassiné pour des idées est un génocide.



Il faut que nos jeunes générations puissent vivre en bonne intelligence avec tout le monde, respectant et respectés mais nous leurs disons « Ouvrez bien les yeux les enfants car la bataille n’est pas gagnée ».



Effectivement même dans les milieux politiques il y aura toujours des femmes ou des hommes de droite ou de gauche qui n’ont aucun respect pour leur prochain dès l’instant qu’ils ne seront pas dans leur critère.



Pourtant chers enfants lorsque nous nous coupons, de quelque origine soit-on, notre sang est de la même couleur : Rouge.



A tous nos descendants chéris, nos anciens du fond de leur charnier crient Justice.



Nous avons commencé le travail de reconnaissance c’est à vous nos jeunes de continuer. Il serait inadmissible que nous français depuis 1452 que le gouvernement français ne reconnaisse pas le génocide (Samudaripen) de ses propres enfants.



Cette forme de testament est celui que nous léguons à nos futures générations et ainsi de suite jusqu’à l’aboutissement de cette légitimité par tous moyens légaux.



L’association NOTRE ROUTE qui a eu l’initiative de ces écrits n’en est pas pour autant propriétaire exclusif. Nous ne sommes en aucun cas le berceau unique de la culture gitane. Effectivement il serait souhaitable que l’ensemble des associations Rrom les reprenne et les diffuse en masse.





La présidente de l’association NOTRE ROUTE


Mme Véronique LABBE dite Abuelita




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