dimanche 19 juillet 2015

Journée Nationale à la Mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français - Hommage aux "Justes" de France 19/07/2015




Comme tous les ans nous avons participé à la Journée Nationale à la Mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'Etat français - Hommage aux "Justes" de France.




Ci-dessous notre intervention :

« Mesdames, Messieurs,

Nous vous remercions de nous convier chaque année pour cette cérémonie si importante d’autant plus importante aujourd’hui car Monsieur le Président de la République a reconnu officiellement le génocide tzigane.

Effectivement, par courrier du 30 juin 2014 Monsieur le Président de la République nous indiquait qu’il avait tenu à marquer la reconnaissance par la France de l’ensemble des déportation intervenues durant la seconde guerre mondiale dont celles des tziganes et cela se passait le 22  juillet 2012 mais nous n’avons été informé deux ans plus tard.

"Le Parlement, dans une résolution adoptée mercredi 15 avril 2015, a appelé à davantage d'efforts pour mettre fin à la discrimination, aux crimes et discours haineux contre les Tziganes et pour reconnaître le 2 août comme journée de commémoration de l'holocauste des Tziganes, afin de se souvenir du génocide des Tziganes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans la résolution, les députés expriment leur "profonde préoccupation face à la montée de l'antitsiganisme, qui se manifeste entre autres par des discours hostiles aux Tziganes et des agressions violentes commises en Europe".

L'antitsiganisme est "incompatible avec les normes et les valeurs de l'Union européenne" et "constitue un obstacle majeur à l'intégration sociale réussie des Tziganes", insistent les députés. Ils invitent les États membres à mettre en œuvre efficacement la directive sur l'égalité raciale afin de "prévenir et éliminer toute discrimination à l'encontre des Tziganes, notamment en matière d'emploi, d'éducation et d'accès au logement".

Le Parlement reconnaît le fait historique que constitue le génocide des Tziganes durant la Seconde Guerre mondiale ainsi que d'autres formes de persécution, telles que les déportations et les détentions et demande aux États membres de faire de même. Selon les estimations, plus de 500 000 Tziganes ont été exterminés par les nazis et d'autres régimes ainsi que leurs alliés au cours de la Seconde Guerre mondiale et, dans certains pays, plus de 80% de la population tzigane voire 100% pour les pays tels que les Pays-Bas, Luxembourg, Lituanie, Estonie etc. ont été exterminée.

Dans la seule nuit du 2 au 3 août 1944, 2 897 tziganes, pour la plupart des femmes, des enfants et des vieillards, ont été massacrés dans le camp tsigane d'Auschwitz-Birkenau. Pour commémorer cette atrocité, le 2 août devrait être proclamé "Journée européenne de commémoration du génocide des tziganes" et dédié à la commémoration de toutes les victimes de ce génocide, estiment les députés européens.

Les Tziganes sont la plus grande minorité ethnique d'Europe. Ils seraient environ 10 à 12 millions à vivre en Europe, dont environ six millions dans l'UE. »










Message du Secrétaire d’Etat chargé des Anciens combattants et de la Mémoire dit par le représentant de Monsieur le Préfet de la Région P.A.C.A. qui pour la première fois évoque clairement le sort des tziganes.

Cette journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de France est une cicatrice dans l’histoire de notre pays et dans notre mémoire nationale.

Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 Juifs, des hommes, des femmes et des enfants furent raflés ici, en France, dans les rues de Paris et de sa banlieue. Ils furent raflés par la police française, aux ordres des Allemands, avec la complicité du gouvernement et de l’administration de la France. Ils furent parqués à Drancy et au vélodrome d’Hiver, puis déportés à Auschwitz dont ils ne revinrent jamais.

En ce 70ème anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination, nous pensons aux plus de 75 000 Juifs de France qui, entre 1941 et 1944, furent arrêtés puis déportés vers l’enfer. Ils ne connaissaient pas leur destination mais savaient qu’ils y rencontreraient la mort, aux côtés des millions de Juifs d’Europe, eux aussi déportés, et avec qui ils allaient partager ce terrible destin.

Nous pensons aussi aux nombreux Tsiganes, victimes du racisme du régime de Vichy et de l’occupant, internés, arrêtés, parfois déportés. Nous pensons aussi à tous ceux qui furent pourchassés non pas pour ce qu’ils avaient fait mais pour ce qu’ils étaient.

Cette journée nationale n’en est pas moins une journée dédiée à l’espérance et à la dignité humaine. Elle nous rappelle que des Françaises et des Français, refusant que leur pays manque à ses idéaux les plus essentiels, tentèrent de sauver des vies, au risque de perdre la leur.

Ils furent des milliers de héros. Des milliers à refuser l’inacceptable. Des milliers pour qui la « Liberté », l’« Egalité » et la « Fraternité » inscrites sur les frontons de nos bâtiments publics valaient tous les sacrifices. Des milliers pour qui la Nation était Une et Indivisible. Ils furent nombreux à devenir des « Justes parmi les Nations ».

La mémoire de la rafle du Vel' d’Hiv doit aussi vivre à travers celle de ces héros et de ces Justes, dont la seule arme, la plus noble qui soit, fut celle du coeur et du courage.
Au coeur de la barbarie nazie se sont noués les destins des victimes et des héros. En les unissant dans un même hommage, cette journée nationale est là pour nous rappeler que l’humanité a en elle les ressources pour combattre les crimes racistes et antisémites mais aussi les idéologies extrémistes dont l’ignorance est trop souvent le terreau fertile.

Rappeler cette histoire pour éveiller nos consciences citoyennes et renforcer notre esprit de vigilance est une exigence républicaine. C’est un devoir de mémoire que la Nation française doit entretenir. C’est une promesse faite à toutes les victimes et aux « Justes parmi les Nations ». C’est un engagement pris à l’égard des futures générations. Celui de ne jamais accepter le retour de la barbarie et de veiller au respect de la dignité humaine.











 GELEM GELEM, interprété par Monsieur Gérard FERRER, notre parrain a retentit avant NUIT & BROUILLARD de Monsieur Jean FERRAT pour terminer par la MARSEILLAISE.


Après la cérémonie nous échangeons avec bons nombres de participants.

Un monsieur assez âgé se dirige vers nous assez ému qui nous dit que notre discours l’a beaucoup touché car il a vu partir à la mort les 2 897 tziganes. Albert, son prénom, nous montre son numéro sur le bras et nous relate que lors de sa détention à Auschwitz, le soir il se dirigeait vers le lieu de détention des tziganes qui étaient à l’écart des autres détenus. Il se régalait de leur musique et chant il y avait un bassiste, un violoniste, deux guitaristes et une chanteuse. Le dernier jour il les a vu en ligne, jouant de la musique allant il ne savait pas où, eux non plus. C’est quatre jours après n’entendant plus de musique qu’il a su le triste sort qui leur avait été réservé : LA MORT. Il a toujours gardé, depuis cette date, la musique et chant de ces tziganes disparus. 

Cliquez sur le lien ci-dessous pour entendre GELEM GELEM 



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