jeudi 22 décembre 2011

Loi mémorielle ou négation de l'histoire humaine?


Article paru sur le blog de Monsieur Frédéric DUTOIT







Aujourd’hui même, est examinée à l’Assemblée Nationale la proposition de loi de Valérie Boyer, député UMP, visant à réprimer la contestation de l'existence de génocides reconnus par la loi. Je veux dire tout de suite mon total accord avec ce texte qui vise à pénaliser le négationnisme de tout génocide.

Mais certains parlementaires, intellectuels ou simples observateurs politiques veulent imprimer à notre société le refus de légiférer sur la mémoire. Ils refusent ce qu’ils appellent « les lois mémorielles ».

Alors soyons précis.

Tout d’abord, le texte présenté aujourd’hui à l’Assemblée Nationale n’est pas un texte qui reconnait l’existence ou pas d’un génocide. Il vise le négationnisme. La nuance est d’importance.

En effet, une chose est de déclarer officiellement qu’un génocide a été perpétré, comme la Shoa par exemple, autre chose est de nier son existence !

Comment pourrions-nous être contre la répression du négationnisme ?

La communauté internationale, la communauté Européenne, l’Allemagne et la France ont reconnu légalement le génocide Juif pendant la deuxième Guerre Mondiale. C’est un progrès certain de l’humanisation de l’espèce humaine. Nul aujourd’hui ne songe, excepté ceux qui considèrent les camps de la mort nazi comme un détail de l’histoire, dire ou écrire qu’il n’y a pas eu volonté délibérer d’exterminer les juifs de la surface de la terre par Hitler. Cette reconnaissance a même été l’origine de la création de l’état d’Israël.

Et personne ne peut envisager, du moins je l'espère, que la collectivité humaine puisse circonscrire la reconnaissance de ces atrocités au seul peuple juif. Les Arméniens, les Rwandais, les Tsiganes, les cambodgiens et bien d’autres encore, sont fondés dans le droit international à voir reconnu les génocides dont ils ont été victimes.

Enfin, chacun mesure à quel point la négation publique de ces atrocités de l’histoire sont des points d’appuis politiques pour ceux qui veulent instaurer la sauvagerie comme règle de fonctionnement des sociétés. Le combat pour l’émancipation humaine ne souffre d’aucune concession de ce point de vu. La volonté d’exterminer l’autre doit être combattu avec la plus grande fermeté.

Nier un génocide, qui plus est, est reconnu par la loi, ce n’est pas simplement exprimer une opinion comme une autre. C’est assassiner une deuxième fois les victimes, c’est refuser aux descendants l’exercice du deuil, c’est poursuivre le meurtre sur le plan moral et intellectuel, c’est préparer la civilisation à la barbarie.

A jamais construisons l’humanité !
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