jeudi 24 novembre 2011

Tu aurais eu 89 ans aujourd’hui




Un certain vendredi 24 novembre 1922 tu as vu le jour dans une caravane, sur un ancien aérodrome situé à Monéteau, commune d’Auxerre (Yonne).

Es-tu vraiment né ce jour là ? Personne ne peut le certifier car il est vrai qu’une naissance, chez nous c’est la joie et souvent les bébés sont déclarés une fois l’effervescence passée. Et de surcroit à cette époque il n’y avait pas les mêmes contrôles que maintenant.

Peu importe, nous avons toujours fêté ton anniversaire avec ce qui était déclaré sur les papiers. Tu vis le jour dans une caravane que tu a reproduis en miniature car tu n’as jamais oublié ces moments d’errance. Ta famille arrivée de BOHÊME (enclave d’Autriche) avait décidé de s’installer en France.

Une partie seulement de ta grande famille se sédentarisera dans les environs d’Auxerre et de Sens. Nous ne savons pas pourquoi ils ont choisi ces villes.

De ton enfance nous ne savons que peu de chose, mais nous avons appris que tu as suivi de brillantes études (étonnant de la part d’un gitan, dirons certains) et que tu as obtenu tous tes diplômes.

Très jeune tu entres dans la vie active et tu choisis la SNCF car tu ne souhaites pas être prisonnier d’un bureau. Déjà actif ton destin se trouve noirci par une arrestation suite à dénonciation comme –gitan- et tu es déporté.

Premier camp SOBIBOR d’où tu as l’opportunité de t’échapper. Mais tu seras repris et emmené dans le camp de Bergen Belsen et là tu devras attendre d’être libéré. Lorsque tu reviens tu n’as plus que la peau sur les os et nous, tes enfants, n’auront jamais les larmes aux yeux de récit de ces années qui t’on été retiré.

Oui la vie, la joie, le bonheur reprend ses droits et tu disais « c’est du passé, n’en parlons plus » quand nous te posions des questions.

Et tu vois depuis que tu nous as quitté et cela fait maintenant 13 ans, tu m’avais remercié pour le travail que notre association faisait pour la reconnaissance du génocide tzigane, aujourd’hui nous n’avons pas encore obtenu satisfaction. Mais tu me connais je ne baisse pas les bras et à chaque intervention que nous faisons je sais que tu es à mes côtés.

Papa je terminerais en te souhaitant UN BON ANNIVERSAIRE et regrettons que tu ne puisses pas souffler tes bougies. PAPA JE T’AIME et que mon écrit arrive jusqu’à toi.
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