lundi 3 janvier 2011

Histoire et Vie des Gens du Voyage (suite)




Reprenons nos activités et en l'occurence notre histoire


En France le 06 avril 1940, avant même la demande d’Armistice, le gouvernement du maréchal PETAIN, a ordonné aux préfets de procéder aux rassemblements et à l’internement des Tziganes dans les camps appelés officiellement « camps de concentration ».

Dans 56 camps en France, 30 000 Tziganes français seront internés. Ces camps serviront de centre de regroupement pour l’extermination systématique.

Outre la France, les victimes tziganes furent déportées d’Allemagne, d’Autriche, de Tchécoslovaquie, de Hollande, de Roumanie, de Russie, Bulgarie, Grèce, Italie, Espagne.

Dans les camps d’AUSCHWITZ BIRKENAU, les tziganes étaient tatoués de la lettre Z et devaient porter sur leurs vêtements le triangle noir des a-sociaux. C’est à partir de là que le pool de médecins SS cités auparavant ainsi que le sinistre docteur Joseph MENGELE effectueront sur eux leurs infâmes recherches. A CHELMNO 18 000 tziganes furent assassinés.

Les tziganes polonais du ghetto de Varsovie furent gazés à TREBLINKA. Les spécialistes des recherches sur l’holocauste, jugent à 100 000 le nombre des tziganes qui périrent dans le camp de SOBIBOR.

Aujourd’hui tous les historiens s’accordent à dire que la communauté tzigane a perdu plus de 500 000 des siens dans les camps de concentration.

Le pape Jean Paul II qui a demandé pardon au peuple juif au nom de l’église catholique n’a pas jugé utile d’associer notre communauté à ces manifestations de repentance, nous obligeant à émettre le vœu d’y être associé. C’est nous semble-t-il continuer à nous rejeter, nous considérer comme a-sociaux. La canonisation de Ceferino MALLA (EL PELE) n’y changera rien.

En Juillet 1990 le parlement européen nous a fait une petite place en nous reconnaissant ethnie européenne. Nous pensons que reconnaître le génocide dont nous avons été victimes aurait été un geste oh! Combien plus significatif, comme l’a fait le gouvernement hongrois. Ce dernier a pris la décision de commémorer chaque année, à compter du 16 avril 2001, le souvenir des tziganes victimes de l’holocauste. De plus aux termes d’un décret du ministre de l’éducation, une leçon sera consacrée dans les écoles secondaires concernant ce chapitre lugubre de l’histoire. Nous trouvons que c’est une bonne chose car il est important pour vivre le présent et tenter de prévoir l’avenir, de bien connaître le passé.

Les tziganes victimes des persécutions ont d’abord été enfermé dans les camps car les nazis voulaient une Europe aryenne : c’était donc la mort systématique qui les attendaient.

Les camps de la mort (vernichtungslaver) ou centre de mise à mort n’étaient pas des camps de concentrations, leur but n’était ni le travail forcé, ni l’emprisonnement mais la mort immédiate par gazage. Ces camps étaient très souvent situés sur des nœuds ferroviaires (sauf Chelmno) afin de faciliter le transport des tziganes et juifs d’Europe (en particulier Auschwitz /Birkenau). Ceux-ci emmenés par convois entiers des quatre coins des pays occupés qui acceptaient leur déportation, voyageaient dans des conditions lamentables (100 dans des wagons prévus pour 40), pas d’eau, peu d’air et ce durant des jours et des nuits.

Arrivés dans ces camps, dépouillés du peu qui leur restaient, les tziganes défilaient nus devant les médecins SS. Première sélection, la vie, la mort ? Les femmes avec des enfants et les vieillards étaient généralement voués aux chambres à gaz, les plus solides étaient conservés temporairement pour finir à leur tour gazée une fois devenue improductifs. Avant le passage aux « douches » tous avaient la tête rasée et leurs cheveux récupérés servaient à la confection de chaussettes, feutres, couvertures. Un kommando était chargé d’inspecter leurs bouches afin de marquer ceux qui avaient des dents en or. Après ces différentes visites les déportés allaient à la douche pour la désinfection (chambre à gaz) ou allaient dans la cabine du camion à gaz et les SS attendaient qu’il fasse son effet : une trentaine de minutes pour les chambres utilisant le zyklon B et un peu plus longtemps pour les autres gaz (gaz d’échappement ou monoxyde de carbone).







Dans le camp de Chelmo, dans les camions à gaz le sonder kommando constatait souvent qu’ils restaient des personnes vivantes, qu’à cela ne tienne, elles étaient brûlées vives.



N’oublions pas non plus qu’en Janvier 1940, 250 enfants appelés « petits lapins d’inde » ont servi de cobayes pour des expériences scientifiques et que le 1er août 1944, durant la première heure 4 000 gitans seront gazés et brûlés à Auschwitz Birkenau, ce qui restera dans nos mémoires comme la « nuit des gitans » (zigeunernacht).


RAPPEL :

Entre 500 000 et 750 000 tziganes sur les
1 700 000 qui vivaient en Europe à cette époque ont été exterminés pour rien dans les camps de la mort… ou parce que personne, aucun pays, aucune organisation n’avait élevé la voix pour les défendre.
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