mardi 7 août 2018

Manitas de Plata : 97 ans aujourdh'ui


Mail à Monsieur le Président de la République


Votre identité :
Madame
LABBE
Véronique

Vos coordonnées :

 40 AVENUE DE TOULON
13120 GARDANNE
France

Vous écrivez à titre :
Membre d'une association, d'un syndicat, d'une fondation

Votre message :
Monsieur le Président de la République,

Nous revenons à nouveau vers vous concernant la loi sur la reconnaissance du génocide tzigane. Nous nous sommes permis le 31 janvier 2018 et le 28 mai 2018 de vous envoyer des mails concernant ce dossier qui sont restés sans réponse.
Si aujourd’hui nous vous interpellons à nouveau c’est suite à une information de « Radio Canada » qui indique que le Canada a reconnu le génocide rom ou tziganes, voir ci-dessous :

Publié le vendredi 3 août 2018
« Le gouvernement du Canada a reconnu le génocide des Roms commis lors de la Seconde Guerre mondiale par les nazis allemands et leurs collaborateurs.
Radio-Canada avec La Presse canadienne

Cette reconnaissance a été faite jeudi, lors de la Journée de commémoration du génocide des Roms, dans un communiqué signé par la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme, Pablo Rodriguez.

Ils écrivent que plus de 500 000 Roms ont été persécutés et assassinés, et ont observé que la violence indescriptible infligée aux peuples roms était peu connue du public.

« Encore aujourd’hui, très peu de pays reconnaissent officiellement ces événements », a estimé la fondatrice de l'organisme montréalais Romanipe, Dafina Savic, qui salue la décision canadienne.

« Le génocide des Roms demeure encore un des génocides oubliés de notre histoire », a-t-elle ajouté.
Une marginalisation toujours d’actualité

Les ministres ajoutent dans leur communiqué que les communautés roms dans de nombreux pays ont été marginalisées et continuent de l'être, dans tous les domaines de la vie, notamment l'emploi, le logement, l'éducation et les soins de santé.

    Encore aujourd’hui malheureusement, les Roms font face à la ségrégation, à la persécution et à de la discrimination.
    Dafina Savic, de l'organisme Romanipe

En reconnaissant officiellement ce génocide, le gouvernement dit reconnaître l'histoire commune des peuples roms en tant que victimes et survivants des atrocités nazies, aux côtés du peuple juif, commises durant l'Holocauste.

Le 2 août 1944, près de 3000 hommes, femmes et enfants roms ont été assassinés dans le camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau, en Pologne.

Les ministres Freeland et Rodriguez signalent aussi que le Canada est déterminé à poursuivre son engagement au sein de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste, notamment pour faire connaître le génocide du peuple rom. »
N’oublions jamais que le gouvernement français de l’époque est responsable de notre déportation et de nos morts dans les camps au même titre que la communauté juive qui elle a vu son génocide reconnu (Shoa).

Ce qui est dit dans l’info canadienne se rapproche de ce que nous crions haut et fort depuis longtemps et d’autre part ce que vivent encore aujourd’hui nos communautés (mise à l’écart).

Nous espérons que ce courriel recevra une suite plus favorable que toutes les réponses reçues à ce jour.

Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à notre plus profond respect pour ce que vous êtes et ce que vous représentez. »

Mme LABBE Véronique
Présidente association NOTRE ROUTE -Amaro Drom-

Pour rappel, votre message est bien validé

samedi 4 août 2018

dimanche 22 juillet 2018

Cérémonie du 22 JUILLET 2018 à MARSEILLE




Ce matin, comme nous vous l'avions annoncé nous avons participé à la JOURNÉE NATIONALE A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DES CRIMES RACISTES ET ANTISÉMITES DE L’ÉTAT FRANÇAIS, HOMMAGE AUX "JUSTES" DE FRANCE Place du 23 janvier1943 (anciennement Place Daviel) MARSEILLE.
10 h 30 : début de la manifestation par quatre (4) allocutions et le message de Mme Geneviève DARRIEUSSECQ, Secrétaire D’état auprès de la Ministre des Armées par M. Pierre DARTOUT Préfet de la région PACA, Préfet des BdR.

Message de Geneviève Darrieussecq



Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées



Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat



français et d’hommage aux « Justes de France » 22 juillet 2018



"Il y a soixante-seize ans, les 16 et 17 juillet 1942, dans Paris et sa banlieue, 13 152 personnes, dont 4 115 enfants, furent arrêtées par des policiers français sur ordre de l’Etat français soumis à l’occupant. Pourchassés pour ce qu’ils étaient par la naissance, ces milliers de Juifs furent transférés vers le camp de Drancy ou enfermés dans le Vélodrome d’Hiver. Dans ce « Vél d’Hiv », les heures d’attente et d’angoisse furent le prélude de leur déportation. Déjà, l’ombre de la Shoah les enveloppait. Le pire était à venir, ce fut Auschwitz-Birkenau.



Ces jours terribles sont une cicatrice profonde dans notre mémoire nationale. Cette rafle reste le symbole de toutes les autres rafles et, à travers elle, c’est aux 76 000 déportés que nous pensons. Seuls 2 500 revinrent des camps.



Les pensées de la Nation vont également aux Tziganes internés et déportés.



En cette journée nationale, nous nous souvenons de l’obscurité de la collaboration et de la lumière des « Justes ». Ainsi, la nation française associe dans un même hommage la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et celle de ses héros souvent anonymes.



Les mots de Simone VEIL, actrice majeure de la reconnaissance des « Justes de France », résument, à eux seuls, tout le sens de cette commémoration annuelle : « Il y a eu la France de Vichy responsable de la déportation de 76 000 juifs, dont 11 000 enfants, mais il y a eu aussi tous les hommes, toutes les femmes, grâce auxquels les trois quarts des juifs de notre pays ont échappé à la traque. »





Même aux heures les plus sombres de la France, lorsque le régime de Vichy bafouait nos idéaux en se rendant complice de la barbarie nazie, lorsque des Français collaboraient avec l’ennemi, des hommes et des femmes incarnaient l’espérance et le respect de la dignité humaine.



Nous rendons hommage aux 4 000 Justes reconnus et à tous ceux qui sont restés anonymes. Au péril de leur vie et de celle de leur famille, ils ont bravé le danger pour sauver d’une mort certaine des milliers d’innocents. Grâce à ces héros, la France peut regarder son histoire en face et sait que les mots d’honneur et d’humanité ont toujours un sens.



Nous devons rester vigilants. Lorsque les paroles et les actes antisémites et racistes ressurgissent, il ne peut y avoir de complaisance. Ainsi, pour nos jeunes générations, l’enseignement et la compréhension de ces événements sont essentiels. Ils sont des leçons pour nos consciences et un appel exigeant à la fraternité.



Nous n’oublions pas les martyrs. Nous n’oublions pas les sauveurs. Nous ne céderons jamais à la haine et à l’intolérance. Tel est le message de tous les citoyens rassemblés aujourd’hui."



Ensuite nous avons fait le dépôt de gerbes . Ci-dessous notre intervention et les photos.





"Encore aujourd’hui se pose cette question :Comment l’être humain a-t ’il était capable et peut-être  encore capable actuellement de commettre de telles atrocités ?

Comment les Hommes ont-ils pu commettre et commettent encore aujourd’hui de tels actes de barbarie absolue ?

Par idéologie pure, par fanatisme, les nazis ont inventé l’organisation de l’horreur. Froidement commandité par Hitler, le troisième Reich à partir de 1933 et jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale a créé des centre de déportation de grande taille. Les camps de concentration nazis sont des centres de détention créés pour interner, exploiter la force de travail et tuer des opposants politiques, des résidents d'un pays conquis, des groupes ethniques ou religieux spécifiques au premier rang desquels les Juifs, les tziganes, les démocrates et bien d’autres. Abomination de la nature humaine ces camps se multiplient pour y enfermer les résistants et opposants de toute l'Europe occupée, mais aussi pour constituer un réservoir de main-d'œuvre servile. Le travail y était épuisant, la nourriture insuffisante, les mauvais traitements réguliers et la mortalité élevée. Tout visait à déshumaniser les victimes et à les conduire à une mort rapide, soins inexistants et extermination, tout menait à l’application de la solution finale.

Alors, pour satisfaire cette œuvre de mort absolue, les nazis ont planifié la déportation de masse. Véritable système concentrationnaire la déportation devenait la nourriture des camps d’Auschwitz, Birkenau, Dachau, Ravensbrück Mauthausen  et tant d’autres. Les nazis utilisent les trains de l'ensemble du continent européen pour transporter et déporter les Juifs, les tziganes et tous les opposants. Méthodiquement ils s’attèlent à la tache sur une grande échelle. Tous les pays occupés par l’Allemagne nazi fournissent la matière à cette folie humaine. La « solution finale » qu’avait ordonné Hitler.

Au fur et à mesure des annexions ou des conquêtes militaires, les camps se peuplent de détenus de 22 nationalités différentes, Tchèques en 1938, Polonais en 1939, Hollandais, Français, Belges et Luxembourgeois à partir de 1940, mais dont la majorité ne sont internés qu'à partir de 1943 et 1944, antifascistes italiens, républicains espagnols, Danois et Norvégiens, Russes… Ce mélange des nationalités accroît les rivalités internes et instaure une hiérarchie entre déportés, en fonction de leur origine, mais aussi de leur connaissance de la langue allemande. Jamais dans l’histoire de l’humanité, les hommes n’avaient été capables d’une barbarie de cette ampleur.

Basée sur l’inégalité des « races » l’idéologie nazie a porté en elle la déportation et l’extermination de millions d’êtres humains qui ne demandaient qu’à vivre, espérer, chanter, aimer, enfin tout ce qui fait la vie.

Mais les arguments racistes ne sont pas seulement détestables : ils sont faux. Que nous soyons blancs, noirs, jaunes, blonds, bruns, laids ou beaux, nous sommes tous des homos sapiens, nous sommes tous des Hommes. Toutes les connaissances scientifiques convergent. Il n’y a jamais eu de preuves solides de l’existence d’un lien entre différences intellectuelles et différences techniques chez l’homme. Il n’y a sur terre aujourd’hui une seule et même race d’hominidé : l’Homme moderne dont nous faisons tous parti.

Nous sommes tous constitutifs de seule race au monde : LA RACE  HUMAINE.

Alors, vouloir construire une société sur l’exclusion de l’autres ou, comme Hitler, sur l’extermination de l’autre, c’est nier sa propre part d’Humanité. Car la violence et la guerre sont toujours le refuge des faibles, le dialogue et la paix sont toujours la puissance des forts.

Et n’oublions jamais qu’il faut toujours exclure de la mémoire la vengeance pour y construire la fraternité. Pour y porter cette part de nous qui fait la civilisation humaine.

Quand l’absurde côtoie l’horreur, quand la douleur supplante la raison, ne reste que la tristesse et la compassion. Celui qui assassine son prochain parce qu’il le considère comme impur commet un crime contre l’humanité.

Aucune religion, aucune couleur de peau, aucune opinion, aucune croyance ne justifie la barbarie. Tout acte de rejet de l’autre participe au combat des forces de l’obscurantisme. Toute négation de l’existence d’autrui est une atteinte à la liberté de tous. Tout refus de la convergence des opinions contraires participe à la négation  du combat pour l’émancipation humaine.

Le naïf n’est pas celui qui réunit pour construire, il est celui qui préjuge la pensée de son semblable. C’est le propre de l’humanité d’édifier un monde divers qui se rassemble pour vivre !  Considérer l’autre barbare parce qu’il est autre, c’est être comme lui barbare. Etre humain, c’est reconnaitre l’existence de l’autre.

En ce jour de commémoration des crimes racistes, antisémites et d’hommage aux Justes, faisons de notre devoir de mémoire un puissant levier d’humanité. Que notre hommage aux victimes de la déportation soit  encore une pierre à l’édifice constitutif d’une société humaine ouverte à tous, faite de joie et de fraternité !

C’est bien la meilleure façon de construire pour nos enfants la voie du bonheur partagé !"