vendredi 20 janvier 2012

Le rejet même dans la mort



Il est une chose qui pose un problème de fond, à savoir, qu’aujourd’hui tous les historiens s’accordent à reconnaître que les tziganes ont subi, de la part de l’Allemagne nazie et du gouvernement français de l’époque, un génocide sans précédent.

Ce Samudaripen représente près de 48% de la population tzigane recensée officiellement en Europe, à l’époque. Cela dans la perspective de la solution finale qu’avait ordonnée Hitler visant à l’extermination totale de ces « unten munchen » (sous hommes)  lesquels, disait-il, risquaient de contaminer le sang de la paysannerie allemande. Pour preuve les seuls à avoir été libérées, un an après la fin de la guerre, soit en 1946, trois mois avant le procès de NUREMBERG, ont été les tziganes.

D’ailleurs le nom ROM (romani) donné à cette ignominie est : SAMUDARIPEN (meurtre collectif total).

Nous nous battons  depuis des décennies pour le vote d’une loi portant reconnaissance de ce génocide, ce à quoi l’ancien ministre, ancien président du conseil constitutionnel, ancien avocat, Maître Robert BADINTER semble ne pas être d’accord. Car d’après lui un fait historique ne doit pas être reconnu par une loi mais être le fait des historiens. Idée qui aujourd’hui est en concordance avec cette vision puisque pratiquement tous les historiens paraissent avoir sur ce point la même vision : celui de l’existence réelle du génocide tzigane.

Des questions se posent :
-    Pourquoi, alors que ce fait historique existe, ne rentre-t-il pas dans le cadre de la nouvelle loi sur la négation des génocides ?
-    Pourquoi va-t-on punir d’amendes et de prisons ceux qui vont nier la Shoah ou le génocide Arménien, entre autres et permettre que l’on nie le génocide tzigane, celui des communautés « gay », etc ?
-    Sommes-nous toujours, aux yeux du gouvernement français des « unten munchen » (sous hommes) ?

Nous pouvons le penser  ou alors il est impératif que le génocide tzigane soit inclus, avec une date de commémoration propre, dans ce processus.

Que l’on nous accepte ou pas, nos anciens l’ont subi et quelque part s’il était possible de le refaire aujourd’hui, ceux qui crient haut et fort que les chambres à gaz sont un détail de l’histoire, n’auraient aucune pudeur à le refaire.
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