samedi 9 octobre 2010

Histoire et Vie des Gens du Voyage (suite)







La musique

On le comprend aisément à la lecture de ce qui précède, que tout en préservant farouchement leur identité, ils s’adaptent au pays dans lequel ils vivent, en adoptant la religion et certains usages mais cela est aussi valable pour la musique. Il n’existe pas à proprement parler de musique, mais un style, très souvent empreint de mélancolie, on pourrait dire de « blues ». Ceux qui en ont les moyens se servent d’instruments les plus populaires de l’endroit où ils vivent : violons et cymbalums en Europe centrale, guitares en Espagne et en France. Tout leur est bon pour faire la fête et s’ils n’ont pas les moyens d’avoir un vrai instrument, les moyens de substitution ne manquent pas. A titre d’exemple le groupe ANDO DRROM (Hongrie) utilise les bidons de lait, lesquels frappés sur les bords ou à l’intérieur, avec la main ouverte ou fermée remplacent la contrebasse et donne le rythme. La voix compense ici aussi l’absence d’instruments classiques, une partie du groupe rythmant le tout à base d’onomatopées saccadées.


En 1992 disparaissait « EL DUENDE DE LA ISLA » JOSE MONGE CRUZ (CAMARON) qui, lorsqu'on l’écoute est le feu dévorant de l’âme gitane qui nous gagne, feu inextinguible qui se rallume chaque nuit pour célébrer un mystère ancestral. En 1995 nous quittait HOJOK MERSTEIN, animateur du groupe PURO SINTO, grand musicien manouches de l’Est de la France, sans oublier l’immense Django REINHARDT.

Ceux qui ont eu le privilège de les rencontrer savent ce qu’est un Gitan, un Manouche et un Rrom.

L’histoire de la musique dite « Tzigane » s’écrit aujourd’hui comme un phénomène original, unique en son genre.



Car c’est aussi une musique qui accompagne l’histoire des peuplades retraçant ainsi les évènements et les sentiments contenus dans ce véritable patrimoine que sont les rythmes « Tziganes » d’Europe centrale et Balkanique, le flamenco (cante jundo) Espagne, les Rumbas salsa afro cubaine, sans omettre le jazz manouche desquels se dégagent une sensibilité, une vision du monde, enfin une manière d’être, véritable expression d’une culture vivante.

Comme tout mouvement artistique, elle a engendré de grandes figures.

ANDO DROM (Sur la Route) le groupe d’essence bohémienne a vu le jour à Budapest en 1984. Ses membres venus de secteurs différents de cette population hongroise si diverse, présente une gamme de variations musicales tel que leur haut niveau en tant qu’exécutant présente cette musique traditionnelle comme un authentique chemin vers la modernité.

Ils font aussi des arrangements avec de nouvelles compositions afin d’introduire les sensations de vie des bohémiens d’aujourd’hui et présente un «mode de vie » et un folklore original. Les chansons sont chantées dans le langage bohémien, accompagnées de guitares, mandolines et tambourin ; pour les percussions ils utilisent cuillères, cruches en bois et basses orales.

Le groupe s’exécute avec huit membres généralement, mais pour leurs concerts ils invitent souvent de jeunes musiciens talentueux comme invités spéciaux.

Ils jouent souvent en Hongrie où ANDO DROM passe pour être un des groupes du folklore bohémien les plus renommés.

En 1992, en France sortaient cassette et CD d’ANDO DROM. En 1994 ils ont participé à l’enregistrement d’un CD avec le groupe CHICO. En 1995 ANDO DROM sortait un deuxième CD intitulé « LE PHIREL KAJNEL » sélectionné comme meilleur CD hongrois dans les musiques mondiales et folkloriques pour l’année 95 par l’hebdomadaire « hongrois populaire ».

DJANGO REINHARDT Jean-Baptiste dit « Django » est né à LIVERCHIES, en Belgique le 23 janvier 1910 dans la roulotte familiale.

Django voyagera beaucoup en France, en Italie et même en AFRIQUE DU NORD.

A douze ans il joue déjà dans les bals parisiens. En 1928 il perdra une partie de l’usage de sa main gauche dans l’incendie de sa roulotte.
Ce héros de légende dut s’inventer une nouvelle technique de doigté. Il se trouve en situation d’évaluer la relation de l’homme à son instrument comme aucun guitariste n’avait eu à le faire auparavant.

En 1931 il découvre le jazz et peu après commence à jouer avec André EKYAN et Alix COMBELLE. Il fait également connaissance avec Stéphane GRAPELLI. Les deux hommes créeront le Hot Club de France, un quintette à cordes. C’est le début d’une association qui se révèlera très fructueuse. Il obtient un énorme succès en 1941 avec « Nuages ».

E ROMENGO BEND arrive de Yougoslavie de MARIA-THERESIOPOLIS exactement. Cet orchestre a débuté par l’Allemagne, Belgique et Suisse. Ils jouent de la musique légère et opérettes. Ils interprètent également de la musique bohémienne authentique.

Cante Jondo : En Andalou c’est un chant profond. C’est un euphémisme proposé par Manuel DEFALLA et Federico GARCIA LORCA (Romancero gitano) pour remplacer le mot « Flamenco » devenu péjoratif au début du siècle dernier.
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