mercredi 9 juin 2010

Histoire et vie des gens du voyage (suite)


Le visage tricéphale des gens du voyage

Tout comme Hécate, divinité gréco-romaine à trois têtes : les ROM, GITANS, MANOUCHES présentent trois principaux groupes :

-ROM : groupe en quantité le plus important dont le nom ROM veut dire Homme (en sanskrit) et dont le dialecte a pour nom ROMANI.
-MANOUCHES : veut dire Homme dans le langage Hindou (Penjab), forment la seconde catégorie par le nombre.

-GITANS ou encore Kalé et qui parlent eux le Kalo, langue en voie de disparition et qu’on appelle en Espagne GITANOS.

LES GITANS : si le nom « Gitan » est donné en général à l’ensemble de ces populations, il n’appartient légitimement qu’à un seul groupe, de loin le plus nombreux et le mieux implanté en Provence.

L’Espagne fut longtemps leur pays de prédilection, leur nom de famille en garde la trace, comme leur langue « le kalo ». Les femmes sont très brunes, les hommes ont le teint basané. Ils sont Andalous ou Catalans selon leur région d’origine. Il existe des sédentaires depuis plusieurs générations mais nous trouvons aussi des bidonvilles gitans.

Les Rrom : Kalderash chaudronniers en roumain se considérant un peu comme l’aristocratie, {Lovari ou Lavara dont le nom viendrait de « los » cheval en hongrois, à moins qu’il ne s’agisse de « lov » en hindi : maréchal-ferrant.

Curari ou Tcharari anciens maquignons, ce sont les plus aisément reconnaissables car leurs femmes continuent à porter les traditionnelles jupes multicolores qui leur tombent jusqu’aux pieds et quand elles sont mariées se parent d’un foulard noué sur la tête. Les plus riches arborent des colliers de pièces d’or, qui constituent le « trésor » de la tribu. Beaucoup disent « la bonne aventure » tandis que les hommes sont rétameurs, chaudronniers ou doreurs. Ces professions les incitent à résider dans les banlieues industrielles

Les manouches ou Sinti du nom d’un fleuve de l’Inde – le SIND - ne se distinguent guère des ROM que pas la moustache ou bien encore la petite barbiche caractéristique dont sont porteurs la plupart des hommes. Les plus pauvres sont vanniers et ont conservé les roulottes à chevaux, ce sont en général des Yenishs. Les autres sont marchands forains ou récupérateurs de ferrailles. Les Manouches ont séjourné longtemps en Allemagne et portent des noms germaniques (ex : Django REINHARDT). Les Sintis conservent la marque de leur passage dans le Piémont (ex : la famille Bouglione). Tous ont une véritable passion pour la musique et c’est parmi eux que se recrutent les virtuoses des célèbres orchestres (Tziganes).

Tous ces groupes ont en commun le fait d’aimer les cheveux longs, marque de dignité, les robes longues survivances de l’Inde (ton corps est comme l’arbre, tu en cacheras les racines) tiré d’un proverbe Kalderash. La poitrine nue n’étant pas un signe d’impudeur, les mères allaitent très longtemps leurs enfants.

« TZIGANES ? » Il faut d’abord se demander si ce terme qui veut englober un « groupe ethnique » avec sa langue (ou ses langues), ses traditions, ses manières de vivre et aussi sa façon de penser est un terme exact. Ou s’il ne venait pas du fait que sur mont Athos, en Grèce, vivaient les membres d’une vieille secte hérétique appelés « Asticanis », d’où la déformation du terme « Tzigane ». Cette expression qui a été altérée par une interprétation fantaisiste qu’adoptent pourtant certains manuels d’enseignements de la langue française et qui donne cette définition (nom donné aux bohémiens, aux musiciens bohémiens ou portant le costume bohémien et qui jouent dans les cafés-concert). On croit pénétrer dans le domaine bariolé et approximatif de l’opérette. Certains linguistes affirment que le terme « Tzigane » contiendrait une racine grecque signifiant « intouchable », c’est à dire non incorporable à une société, à s’insérer en elle et se mélanger à d’autres familles qui ne seraient pas « Tziganes ».

Chaque groupe aujourd’hui emploi des expressions empruntées aux différents pays traversés et c’est leur utilisation qui a permis aux historiens de reconstituer, en partie les chemins parcourus.

Pour ces peuples n’ayant laissé aucun texte écrit à travers les siècles, c’est la grande variété des langues et des musiques qui situent leur appartenance à tel ou tel groupe puisque aucune référence ne peut servir de base.

Seule la mémoire des anciens, transmise de générations en générations, perpétue les coutumes, traditions, histoires, etc.…

Aujourd’hui le voyage entrepris il y a mille ans et loin d’être terminé, après des siècles d’errance, les chefs de famille ont gardé leur importance ; ils sont les guides, les juges, supervisent la vie courante : mariage, départ, etc.…
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