jeudi 4 février 2010

Histoire et vie des gens du voyage (suite)

Après le départ des Indes

En France


Il semble qu’ils soient arrivés aux alentours du 22 août 1419 près de MACON, à CHATILLON-en-DOMBES. Ils venaient d’Allemagne ou de Suisse. Ils avaient des chevaux mais pas de chariot et dormaient à la belle étoile, leur chef se faisant appeler ANDRE de PETITE EGYPTE. Il semblerait que ce soit un groupe envoyé en éclaireur.

Ils montraient des lettres de protection du Sigismond, « ROI DE BOHEME » et disaient aller en pèlerinage à ROME.

Ce groupe est effectivement allée en Italie et en est revenu avec une bulle (une lettre du pape) mais on ne sait pas s’ils l’ont effectivement rencontré. Tout porte à croire que la Bulle est fausse. A cette époque, beaucoup de peuple (les ALAINS) par exemple, envoyait des pèlerins au pape.

Les ROMA sont signalés pour la première fois à PARIS le 17 août 1427.

Ils ont exercé des professions liées au métier de militaire : maître d’escrime, maréchal ferrant, palefrenier, etc. Ils ont aussi fait du théâtre, de la musique et de la danse, comme cette danseuse au temps d’HENRI IV.

Les rois de France ont toujours cherché à les expulser. Louis XIV donnait 24 livres pour un ROM mort ou vif et 9 livres pour une ROMNI. Il était interdit aux français de leur acheter ou leur vendre quoi que ce soit.

En Espagne

Venant de France, ils sont arrivés à BARCELONNE en 1425. Jusqu’en 1499, les seigneurs leur donnaient leur amitié et les rois d’Espagne leur protection.

Puis l’interdiction de se déplacer ou de parler leur langue sous peine de mort est tombée. Les tribunaux de l’inquisition accusaient les ROMNI d’être des sorcières. Elles risquaient d’être brûlées vives, mais sans preuve, on dût souvent les relâcher.

En 1749, ils furent rassemblés en certain point pour être déportés, mais la peine ne fut pas appliquée.

En 1783, ils eurent à nouveau droit aux déplacements. A partir de cette date, ce sont eux qui nous ont fait connaître le style de chant pour lequel, s’ils ne l’ont pas inventé, lui ont donné ses lettres de noblesse et que l’on appelle aujourd’hui FLAMENCO ou CANTE JONDO.

En ROUMANIE

Les ROMA ont été soumis à l’esclavage dès le moyen âge. Les gouverneurs turcs avaient des orchestres de ROMA dans tout le pays. Ceux qui étaient musiciens avaient une vie moins misérable.

Les ROMA n’étaient pas nomades mais n’avaient souvent même pas le droit d’avoir une maison.

Souvent, ils devaient chercher de l’or à demi nu dans les torrents de montagne, on leur mettait un carcan au cou afin qu’ils ne s’échappent ou ne se reposent. Les esclaves ROMA n’ont été libérés qu’aux alentours de 1855.

En RUSSIE

Les ROMA sont arrivés venant du sud de la Pologne durant l’hiver 1500-1501. Ils vivaient souvent dans les clairières des forêts.

SAINT PETERSBOURG, capitale tsariste leur était interdite.

En 1774 le Comte ORLOV ramena de Roumanie un orchestre ROMA. Ce fut le début de la mode des chansons « tziganes » en Russie. Les ROMA apportaient un peu de gaîté et d’exotisme à une société dont la piétée n’empêchait pas l’ennui, au XIXème siècle, ils ont même traversé la Sibérie.

Dans les pays traversés par le Rhin, le Danube et l’Allemagne

Les ROMA longeant RHIN et DANUBE aimaient voyager de ville en ville afin de participer à différentes foires. L’hiver ils vivaient dans les grottes qui leur servaient d’abris et repartaient au printemps.

Mais ils étaient souvent pourchassés, torturés, ils se révoltent même parfois contre l’armée.

En HONGRIE, on les accusa même de CANNIBALISME. Certains furent arrêtés, torturés et exécutés … puis l’on s’aperçut que c’était une erreur que l’on qualifierait aujourd’hui « judiciaire ».

Leur situation variait en fonction de la législation des pays. En Hollande ou en Suisse, ils étaient interdits et c’était l’exécution sommaire s’ils étaient pris. En Moravie, ils furent bien accueillis pendant 200 ans et rejetés ensuite. Ils aimaient bien aussi vivre en Hongrie où ils pouvaient faire paître leurs chevaux dans de grands espaces.

Dans les autres pays

Les ROMA se sont déplacés et se sont établis dans toute l’Europe, en général ils fuyaient les pays en guerre. Ainsi ils ont pris le bateau pour aller en Angleterre, de là ils reprirent le bateau afin de se rendre en Scandinavie vers le XVIème siècle.

Beaucoup ont été déportés en Amérique, en Asie, en Océanie par les régents de France, Espagne, Portugal, Angleterre et ce au cours des XVII et XVIIIèmes siècles.

Un grand nombre quitte l’Europe par bateau pour tenter leur chance sur d’autres continents.

Hitler et les racistes nazis ont voulu exterminer les ROMA. Ils ont enfermé les hommes, femmes et enfants dans les camps, pratiquant des expériences médicales sur eux avant de les tuer avec du gaz asphyxiant et de les brûler.

Les ROMA appellent ce moment de leur histoire « PORAIMOS, cela équivaut à la Shoa (holocauste pour les juifs).

Au moins 500 000 ROMA sont morts ainsi, mais si l’on compte ceux qui sont morts à cause de la guerre, le nombre est sans doute beaucoup plus élevé : certains historiens parlent de deux millions et d’autres de sept millions.

2 commentaires:

Fleur de corail Jeannine Toiron-Vaquié a dit…

Drôlement complet comme article! les pauvres, toujours chassés, errants....comme les juifs..
Je retiens un mot "poraimos" comme "shoa". pas de quoi pavoiser le Louis XIV....! merci de cet article!

NOTRE ROUTE -Amaro Drom- a dit…

Oui Jeannine nous avons toujours été chassés