vendredi 18 décembre 2009

TONY GATLIF répond au journal le PATRIOTE

Copie de l'article avec ma réponse (qui n'est pas encore publiée)

"Liberté, le fil rouge de Tony Gatlif


vendredi 18 décembre 2009 / "le Patriote"

Tony Gatlif était la semaine dernière aux 22ème Rencontres cinématographiques de Cannes pour présenter devant une salle pleine son nouveau film Liberté. Déjà couronné par de nombreux prix au Festival des Films de Monde de Montréal, il reçut à Cannes le Prix du Public et le Grand Prix du jury. Avec ce film, le réalisateur français s’intéresse aux terribles massacres de la population tzigane durant la Seconde Guerre mondiale au travers de deux Justes dans la France en guerre du régime de Vichy. C’était un sujet qui lui tenait à cœur depuis très longtemps. Lors de sa présentation en salle, le film reçut une standing ovation longue et vibrante. Quelques minutes avant, nous avions eu la chance de le rencontrer.



C’est important pour vous de recevoir des Prix dans les Festivals ? Mes films ont souvent reçu des prix comme celui de la mise en scène à Cannes en 2004 pour Exil. Mais ce n’est pas important mis à part pour l’égo, pour la famille et c’est bien pour les grands-mères. L’important, c’est exister, de faire des films et de continuer à les faire. De lâcher des messages qui atteignent les gens ou pas. Mais quand on plante un même clou pendant 30 ans, croyez moi qu’il se plante.

Quelle est l’importance pour vous de Liberté ?

Ce film aura de l’importance en France et en Europe car c’est une partie oubliée de l’histoire. C’est dans ce sens que Liberté est important pour l’histoire française et pas que pour moi ni pour les Tziganes. Les Gitans ont souffert et maintenant, c’est fini, cela ne fera revivre ceux qui sont partis. Eux ne parlent pas de ce qui s’est passé mais du présent. A chaque fois, ils essayent de faire admettre ces 250 000 à 500 000 tziganes, gitans manouches qui furent exterminés par les Nazis et leurs alliés. Ce film essaye de l’expliquer, de montrer cette histoire car elle est inhumaine pour que la France et l’Europe reconnaissent ce qui s’est passé.

Peut-être qu’un jour, dans quelques années j’espère, on étudiera cela à l’école. Ce ne sont quand même pas des mouches, ce sont des êtres humains. On connait combien d’Indiens ont été tués, beaucoup de massacres du monde entier sont répertoriés. Mais pour les tziganes non. Ce film désire y contribuer car cela fait partie de notre patrimoine comme quand en 1930, 1940 ou 1950 dans un village français, une roulotte passait. Les enfants doivent se demander aujourd’hui, où sont ces roulottes évoquées dans les bouquins, souvent très folkloriques avec des bohémiens qui chantent, lisent les lignes des lignes de la main. Mais ici, ce n’est que du folklore.

Et c’est bien évidemment notre mémoire à tous. Pas seulement celles des victimes tziganes qui sont victimes. C’est très important que l’on reconnaisse ce massacre et que l’on ne le dénigre pas pour éviter que cela puisse recommencer

Ce film a-t-il été difficile à réaliser ?

Il fut dur à accoucher… à faire partir. Mais une fois lancé, cela allait. On savait comment éviter les pièges, notamment celui de l’accusation. Car il ne fallait pas arriver en tant que juge envers ceux qui ont fait ça. Nous n’étions pas là à l’époque et ce n’est plus l’heure du jugement mais celui de la reconnaissance et de la réconciliation. C’était dur de prendre de telles positions.

Vos deux personnages principaux sont des Justes... Pourquoi ? C’est grâce à eux que j’ai fait ce film car je ne pouvais par écrire un film sur l’histoire d’un massacre. Qu’est ce qu’il véhiculerait alors comme espoir ? Il me fallait donc deux personnages positifs qui donnent exemple et j’adore les Justes. Ces personnes en ont aidé d’autres qui n’étaient pas de leurs familles, de leurs racines, de leurs pays, au détriment souvent de leur propre vie mais aussi de celle de leurs enfants – je parle des Justes en 1940 – et qui ont aidé ces juifs ou ces gitans. Ils les ont cachés. Je trouve ça superbe de donner sa vie pour un autre que l’on ne connait pas. Ils savaient très bien que les Nazis pouvaient arriver à chaque instant et tuer toute leur famille. Dans tous vos films le fil rouge semble cette liberté d’ailleurs ? Oui, des Princes (1982) – et même avant - jusqu’à aujourd’hui, ce sont presque tous les mêmes films avec des sujets différents. Je suis comme un paysan qui sillonne sa terre. Il faut creuser dans le même sillon sans jamais faire de zigzag dans sa propre terre. Quand on est toujours dans sa trace, c’est qu’on a toujours des choses à dire et que l’on n’a pas fini de les dire.

Que pensez-vous du débat sur l’identité nationale ?

Je porte trois cultures : gitane, berbère, française. Elles ne se sont pas mélangées, elles se sont enrichies les unes avec les autres. Alors, je ne vois pas pourquoi on parle maintenant d’identité. Quand je vais présenter mon film aux Etats-Unis ou au Japon, c’est un metteur en scène français qui vient, pas un metteur en scène gitano-berbère. C’est un cinéaste français parce que j’ai la nationalité française et la culture française. Et j’en suis très fier mais je garde aussi la mienne, celle de mes ancêtres, celle de mon âme. Il est hors de question que je m’en sépare. Et c’est ce qu’ils veulent dire dans ce gouvernement avec leurs petits mots un peu perfides comme intégration. Ils veulent tout effacer comme pour les Bretons. « Vous ne parlez plus breton ou vous n’êtes plus français ». Non, non ce n’est pas possible, on n’effacera jamais notre culture. C’est avec elle que je fais des films.

Vous n’êtes donc pas communautariste ?

Pas du tout. Je suis quelqu’un qui aime le mélange et qui s’en enrichit. Je parcours le monde entier. Je fais des films en Roumanie, en Espagne, au Portugal. Latcho Drom (1993) est un film tourné dans dix pays. Et je m’enrichis des différences. Je suis très curieux dans un autre pays. Je m’y fonds complètement même si je ne parle pas la langue. Je suis heureux de voir les gens comme ils sont dans les cafés, dans les rues. Ca m’intéresse. Je ne suis pas quelqu’un de figé. Et eux, ils veulent en fin de compte donner une culture figée, une identité figée. Ca ne va pas. Ils se trompent.

D’ailleurs vos films ne sont pas vraiment figés, une chaleur et une vitalité surgissent à chaque image. Comment faites-vous ? Mes films sont à la fois très cadrés et très bordéliques et l’art est génial car il permet que les deux se côtoient. Les films très cadrés ou figés - et on en connait des cinéastes comme ça - sont terriblement froids. Au contraire, pour ressembler à la vie, il faut qu’ils soient aussi bordéliques car l’humanité est un grand bordel.

Les acteurs n’ont pas de marque au sol, et on fait peu de prises. S’ils veulent bouger, ils peuvent, on les suivra de toute manière avec la caméra. Il faut juste qu’ils soient authentiques, à l’aise, vrais et jamais faux. C’est comme la musique, j’amène doucement la situation à être vraie. Le tournage est cependant très cadré et quand je dis bordélique, c’est à propos de moi. Quand j’arrive le matin, je change d’avis, de scénario, de scènes. Justement, je me donne le droit de changer et d’avoir tort car un film on ne le fait qu’une fois.

Entretien réalisé par Julien Camy et Vicky Bérardi (Agora FM)"
http://www.le-patriote.info/spip.php?article3037#forum14596





Ma réponse

En tant que Présidente de l'association NOTRE ROUTE nous avons fait déposé une proposition de loi à l'Assemblée Nationale Nationale sous le n° 3714 en Février 2007.

Un an plus tard une proposition de loi était également déposée au Sénat



Nous avons été reçu à l'Elysée concernant la reconnaisance du génocide des gens du voyage.

Tous les politiques et autres admettent que cela c'est bien passé avec l'aide du gouvernement de l'époque VICHY.



Nous avons travaillé également avec la commune d'Arles (13) pour la pose d'une stèle aux abords du camp de SALIERS.

Seize années de combat, quelques pas mais nous n'avons toujours pas de date à NOUS pour nous recueillir.

Il est vrai que nous vivons le présent et avons du mal à revoir le passé mais ne laissons pas tous nos morts sans hommage ou d'autres (mon père) qui ont été déportés et non honorés.



Nous comptons sur tous pour que la reconnaissance du génocide des gens du voyage voit le jour



Photo du film "LIBERTE"

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