jeudi 9 janvier 2014

Lettre ouverte à Monsieur Dieudonné




Je n’en pouvais plus de supporter vos sarcasmes anti juif notamment et je me permets de vous écrire, non pour vous donner de l’importance, car pour moi fille de déporté tzigane, feu mon père,  du fond de sa tombe se sent solidaire des victimes du nazisme en général et des tziganes et juifs plus particulièrement. N’oubliez jamais son nom Jean Labbe né à Monéteau,  camp près d’Auxerre,   employé SNCF  dénoncé par des gens comme vous en tant que tzigane et déporté au camp de Struthof d’où il s’est évadé et ensuite repris et envoyé à Bergen Belshen.

Jean avait 19 ans lorsque les nazis l’ont arrêté sur le Pont Neuf, pont qui enjambe l’Yonne à Sens.  Son séjour dans les camps n’a jamais rien eu d’amusant mais  il en est heureusement revenu dans un état physique dont il vaut mieux ne pas développer. De ce temps il n’a jamais trop voulu parler et quand nous avons essayé d’en savoir plus  sa réponse était « c’est du passé n’en faisons pas une ligne directrice pour notre vie ».

Par contre,  Monsieur Dieudonné dans les camps nazis ils n’avaient pas le temps de venir vous applaudir en train de faire vos quenelles  ou débiter vos sarcasmes car ils étaient contraints aux travaux les plus durs sous la surveillance de gardiens et leurs chiens policiers dressés pour déchiqueter les prisonniers sur lesquels les lançaient les nazis.

Ce que vous faites dans vos spectacles ne m’a jamais fait  sourire et ne me fera pire jamais rire. Une fois revenu par chance à la vie civile il a repris son emploi à la SNCF jusqu’à sa retraite  et un jour j’ai entendu monsieur Pepy directeur de la SNCF  se repentir du fait que les trains de la société nationale aient transportés des prisonniers juifs. Je lui ait écris une lettre en lui demandant de prendre  en compte dans son discours de repentance  du  fait qu’il y avait dans ces transports outre des juifs, ce qui incontestable mais aussi des tziganes , dont- mon père employé SNCF,  à ce jour 3 ans après aucune réponse de ce monsieur.
 Monsieur Dieudonné je pense que votre cœur ne contient pas assez de place pour prendre en compte ce que je vous  écris et que vous préférerez  continuer à faire la pub pour vos quenelles qui n’ont même pas l’avantage d’aider à calmer un tant soit peu la faim de certaines personnes de notre population Française.

Monsieur Dieudonné je vous donne le bonjour de Jean mon père qui doit se retourner dans sa tombe de voir dans quelle désuétude est tombé l’humoriste que vous  croyez être.

Mme LABBE Véronique
Présidente association NOTRE ROUTE -Amaro Drom-

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