lundi 16 juillet 2012

Organisation la Rafle du Vel d’Hiv ?!




Afin d’organiser la Rafle du Vel d’Hiv prévue initialement le 13 juillet 1942, a eu lieu une réunion le 04 juillet 1942 au siège de la Gestapo à Paris. 

 
Étaient présents :
-       -   René BOUSQUET, secrétaire général de la Police Nationale,
-      -   Louis DARQUIER de PELLEPOIX, commissaire général aux questions juives  (de confessions juives),
-       -  Le colonel, le capitaine « SS » KNOCHEN et DANNECKER,
-      - Jean LEGUAY, adjoint de BOUSQUET,
-       - FRANCOIS, directeur de la police générale,
-       - HENNEQUIN directeur de la police municipale,
-        -   André TULARD chargé des questions juives à la Préfecture,
-       -   GARNIER sous-directeur du ravitaillement à la Préfecture de la Seine,
-        -  GUIDOT commissaire de police à l’état-major de la police municipale,
-        -   SCHWEBLIN directeur de la police aux questions juives.

Le capitaine « SS » DANNECKER a déclaré « les policiers français, malgré quelques scrupules de pure forme –n’auront qu’à exécuter les ordres ! ».

La Rafle vise les Juifs allemands, autrichiens, polonais, tchèques, russes et les INDÉTERMINÉS (gitans entre autres) de tous âges avec des dérogations exceptionnelles pour les femmes en état de grossesse très avancées ou nourrissant leurs bébés aux seins, sont prévues. Il déclarait également qu’il fallait éviter toute perte de temps et pour se faire le tri ne serait pas fait au domicile mais au premier centre de rassemblement par le commissaire de la voie publique.

Les nazis prévoient de faire arrêter par la police française 22 000 JUIFS dans le grand Paris qui seront conduits à DRANCY, COMPIEGNE, PITHIVIERS et BEAUNE-LA-ROLLANDE. Pour cela, « le service du M. TULARD fera parvenir à la direction de la police municipale les fichiers de juifs à arrêter ».

Les enfants de moins de 15 ans seront confiés à l’UGIF (Union Général des Israélites de France) qui à son tour les placera dans des fondations. Le tri des enfants sera fait dans des centres primaires de rassemblement (les opérations devront être effectuées avec une grande célérité et sans parole).

Le 15 Mai 1940, cinq (5) jours après le début de l’invasion allemande avait eu lieu une première Rafle. La police de la république y avait emprisonné plusieurs milliers de femmes réfugiées déjà citées comme INDÉSIRABLES.

René BOUSQUET assiste à une réunion de planification dans laquelle aucune objection de sa part aux arrestations le 02 Juillet 1942 mais il exprimait son inquiétude devant le fait « gênant » que la police française soit chargée de l’exécution des plans. BOUSQUET négocie un compromis selon lequel la police française ne devrait « rafler » que les juifs étrangers, VICHY ratifie l’accord le 03 juillet 1942.

Bien que l’on est tenu la police pour responsable de la Rafle d’enfants de moins de 16 ans (l’âge avait été fixé pour préserver la fiction selon laquelle l’Allemagne avait besoin d’ouvriers dans les pays de l’Est).
L’ordre émanait en réalité du ministre de PETAIN Pierre LAVAL qui invoquât une mesure « humanitaire » disant à ne pas séparer les familles.

C’était vraiment de la fiction puisque les parents de ces enfants avaient déjà étaient déportés ; les documents de l’époque révèlent que la préoccupation de LAVAL était de trouver une solution aux problèmes des enfants juifs dont les parents avaient été déportés. Le plus jeune des enfants déportés à AUSCHWITZ sous les ordres de Pierre LAVAL avait 18 mois.

Le 13 juillet 1942 la circulaire n°173-42 (en fin de cet article) de la Préfecture de police ordonne l’arrestation et le rassemblement de 27 391 Juifs étrangers habitant en France.

Finalement un peu de retard sera pris. Les autorités allemandes évitent d’ordonner la Rafle pour le 14 juillet, bien que la Fête Nationale ne soit pas célébrée en zone occupée, il craint une réaction de la population civile. Celle-ci a donc eu lieu le surlendemain au soir.

12 884 juifs sont arrêtés : 4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes.

Un nombre indéterminé prévenu par la Résistance ou bénéficiant du manque de zèle de certains policiers, parvient à échapper à la Rafle. Il est difficile, encore aujourd’hui, de connaître véritablement les modalités des actions qui ont permis à de nombreuses personnes d’échapper à la Rafle, mais les plus antisémites et partisans de VICHY se sont alors plaints de la mauvaise volonté de certains policiers.

Cette Rafle représente à elle seule plus du quart des 42 000 juifs envoyés de France à AUSCHWITZ en 1942 et dont seul 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre. En 1979 Jean LEGUAY représentant du secrétaire général de la police nationale en zone occupée, est inculpé pour son implication dans l’organisation de la Rafle, mais il meurt avant d’être jugé en 1993.

Selon la Préfecture de Police, le nombre d’individus arrêtés s’élèverait à 13 152. C’est aussi ce nombre qui est gravé sur la stèle commémorative située à l’emplacement du Vélodrome. Sur les 13 152 Juifs raflés, seuls 25 adultes et quelques enfants auraient survécu.




 

 Paris, le 13 Juillet 1942

Circulaire n° 173-42

À Messieurs les Commissaires Divisionnaires, Commissaires de Voie Publique et des Circonscriptions de Banlieue.

[...] Les Autorités Occupantes ont décidé l’arrestation et le rassemblement d’un certain nombre de juifs étrangers. La mesure dont il s’agit ne concerne que les juifs des nationalités suivantes :
Allemands, Autrichiens, Polonais, Tchécoslovaques, Russes (réfugiés ou soviétiques, c’est-à-dire « blancs » ou « rouges »), Apatrides, c’est-à-dire de nationalité indéterminée.
Elle concerne tous les juifs des nationalités ci-dessus, quel que soit leur sexe, pourvu qu’ils soient âgés de 16 à 60 ans (les femmes de 16 à 55 ans). Les enfants de moins de 16 ans seront emmenés en même temps que les parents [souligné par nous].Vous constituerez des équipes d’arrestation. Chaque équipe sera composée d’un gardien en tenue et d’un gardien en civil ou d’un inspecteur des Renseignements généraux ou de la Police Judiciaire.

[...] Les équipes chargées des arrestations devront procéder avec le plus de rapidité possible, sans paroles inutiles et sans commentaires. En outre, au moment de l’arrestation, le bien-fondé ou le mal-fondé de celle-ci n’a pas à être discuté. C’est vous qui serez responsables des arrestations et examinerez les cas litigieux qui devront vous être signalés [souligné par nous].

[...] Des autobus, dont le nombre est indiqué plus loin, seront mis à votre disposition. Lorsque vous aurez un contingent suffisant pour remplir un autobus, vous dirigerez :
– sur le Camp de Drancy : les individus ou familles n’ayant pas d’enfants de moins de 16 ans ;
– sur le vélodrome d’Hiver : les autres.
Vous dirigerez alors les autobus restants sur le vélodrome d’Hiver.

[...] Enfin, vous conserverez, pour être exécutées ultérieurement, les fiches des personnes momentanément absentes lors de la première tentative d’arrestation.

Pour que ma Direction soit informée de la marche des opérations, vous tiendrez au fur et à mesure, à votre Bureau, une comptabilité conforme au classement ci-dessus. Des appels généraux vous seront fréquemment adressés pour la communication de ces renseignements. Parmi les personnes arrêtées, vous distinguerez le nombre de celles qui sont conduites à Drancy de celles qui sont conduites au vélodrome d’Hiver.
Pour faciliter le contrôle, vous ferez porter au verso de la fiche, par un de vos secrétaires, la mention « Drancy » ou « vélodrome d’Hiver » selon le cas.
Les services détachant les effectifs ci-dessous indiqués devront prévoir l’encadrement normal, les chiffres donnés n’indiquant que le nombre des gardiens. Les gradés n’interviendront pas dans les arrestations, mais seront employés selon vos instructions au contrôle et à la surveillance nécessaires.
Total des équipes : 1472 ; total des gardiens en civil ou en tenue : 1568. En outre : 220 Inspecteurs des Renseignements Généraux et 250 Inspecteurs de la Police Judiciaire.
Garde des Centres primaires de rassemblements et accompagnements des autobus. Total des gardes et gardiens : 430.

Circonscriptions de banlieue
[... ] Totaux : 60 gendarmes, 20 gardiens en tenue et 53 gardiens en civil.
La Compagnie du Métropolitain, réseau de surface, enverra directement les 16 et 17 juillet à 5 heures aux Centraux d’Arrondissements où ils resteront à votre disposition jusqu’à fin de service : 44 autobus.
En outre, à la Préfecture de Police (caserne de la Cité) : 6 autobus.
[...] La Direction des Services Techniques tiendra à la disposition de l’État-Major de ma Direction, au garage, à partir du 16 juillet à 8 heures : 10 grands cars.
[...] De plus, de 6 heures à 18 heures, les 16 et 17 juillet, un motocycliste sera mis à la disposition de chacun des IXe, Xe, XIe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements.
La garde du vélodrome d’Hiver sera assurée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, par la Gendarmerie de la région parisienne et sous sa responsabilité.

Tableau récapitulatif des fiches d’arrestations : Paris : 25 334 ; banlieue : 2 057 ; total : 27 391.

Le Directeur de la Police municipale, Hennequin.

In RAYSKI Adam, Il y a soixante ans. La rafle du vélodrome d’Hiver.
Le peuple de Paris solidaire des Juifs, Mairie de Paris, 2002.
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