samedi 15 octobre 2011

Tsiganes – Le chant des Roma…..- (4)



-4- Création d’une légende

Mais les guerres entre Turcs et Byzantins rendent leur condition très inconfortable, et ils repartent chercher des terres plus paisibles, allant vers les Balkans du sud : Serbie, Moldavie, Bulgarie, Hongrie et les régions environnantes. De petits groupes s’établissent aussi en Europe occidentale.

Ces nouveaux arrivants provoquent d’abord de la curiosité, leur allure exotique amène des interrogations sur les raisons de leur vie nomade, et les chroniques de l’époque parlent souvent d’escamoteurs qui amusent les seigneurs, de danseurs vêtus de costumes bigarrés appréciés des aristocrates et suscitant la méfiance des bourgeois.

Voyageant en caravanes, ces gens à la peau foncée et au langage incompréhensible s’approchent des villes à pied ou à cheval, traînant des voitures bourrées de bagages, de femmes et d’enfants, et se présentent en paisibles et bons chrétiens, pèlerins repentants dignes d’estime qui viennent du tombeau du Christ. Pour l’homme du Moyen-âge qui ne quitte jamais son village, le cheminement constitue une forme de sacrifice, et il n’hésite pas à les considérer en authentiques repentis.

Les Tsiganes développent ces thèmes et, créant leur propre légende, s’emploient à convaincre les habitants des lieux où ils arrivent que leurs pérégrinations ont pour but de racheter les péchés de leurs pères, qui ne Égypte avaient rejeté la Sainte-Vierge et l’Enfant Jésus fuyant le roi Hérode. Parfois ils justifient leur nomadisme comme une punition pour avoir refusé le Christianisme, trahison qui doit se payer par une errance de sept années. On les observe donc avec une relative indulgence, et parfois même on les accueille cordialement, car ils apportent de nouvelles techniques de travail du fer et des métaux.
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