samedi 8 octobre 2011

Tsiganes – Le chant des Roma…..- (2)





- 2 L’exode après le millénaire

C’est au nord-ouest de l’Inde, dans la région du Pendjab irriguée par le fleuve Indus, que commence le long voyage Tsigane. Là, vers le 4ème siècle, quelques Indiens deviennent nomades, se consacrant à des activités artisanales telles que la confection des paniers, le nettoyage des rues, le travail des métaux.

Et déjà, parcourant chaque année un circuit de plusieurs petits villages, ils gagnent aussi leur vie en distrayant et en amusant les autres.

Les musiciens Indiens se font bientôt une renommée, évoquée dans une chronique persane rédigée par Hamza d’Ispahan, puis reprise et embellie par le poète Persan Firdawsi dans le Shah-Nameh, le Livre des Rois. On y conte comment Bahram Gour Shah de Perse, persuade le roi Indien Shangul de lui envoyer, pour jouer, dans les régions de son royaume et redonner à son peuple la joie de vivre, dix mille musiciens, des ancêtres des Tsiganes peut-être appelés Zott., Rom ou Dom. Rapportés par plusieurs historiens, magnifiés par le temps qui passe, ces textes établissent dès les racines la renommée artistique d’un peuple.

Bien des siècles après, jugeant peut-être péjorative l’appellation Tsigane qui, à l’égal de leur musique, sonne pourtant si joliment, les descendants de ces Indiens se choisiront le nom de Rom, qui signifie à la fois « homme » et « époux ». Ayant pour féminin Romani et pour pluriel Roma, le mot viendrait pour certains historiens de Rama, le légendaire héros Indien condamné à l’exil, les Roma fuyant leur pays étant devenus eux aussi des exilés, les fils de Rama.

Parce que le « r » est parfois roulé chez les Roma, les adeptes d’une certaine coquetterie écrivent « Rrom », et, sur les recommandations d’associations roma, le Conseil de l’Europe a même approuvé en 1917 l’utilisation de Rroma dans ses documents officiels.

Mais le Dr. Rishi, directeur de l’Institut Indien d’Etudes Roma et président d’honneur de l’Union Internationale Romani, n’est pas de cet avis, de même qu’il réfute l’assimilation avec les Dom : « ne reliez pas le nom des Roma à celui des Doms, une basse caste en Inde. Ne déformez pas leur nom en le prononçant et en l’écrivant Rrom et ne falsifiez pas ainsi leur histoire ». là encore, l’incertitude subsistera.

Quoi qu’il en soit, les grandes migrations de ceux qui deviendront les Roma commencent juste après le premier millénaire, en l’an 1001, lorsque le sultan afghan Mahmoud de Ghazni, quittant son royaume situé dans l’est de l’Iran actuel, envahit durant 25 ans les territoires indiens du Sindh et du Pendjab malgré une résistance acharnée des guerriers Radjput.

L’exode se poursuivra près de trois siècles, à la suite des attaques menées sur le nord-ouest de l’Inde par le sultan Mohmoud de Gorh, puis des conquêtes territoriales du redoutable Gengis Khan.
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