samedi 5 février 2011

LA PROVENCE Edition d'Arles du 05 février 2011



Photo journal LA PROVENCE
Dosta dénonce "la politique de harcèlement" contre les Roms
L’association va porter plainte contre la Ville à la Cour Européenne des Droits de l’Homme
❚ Hervé Schiavetti, maire d’Arles "On fait ce que l’on peut. Nous avons un travail régulier avec les associations. Aucune autre ville du département ne porte en ce moment un projet d’une aire de stationnement".
❚ David Grzyb, adjoint en charge de l’habitat, l’urbanisme.
L’adjoint veut d’abord rappeler que le projet d’aire d’accueil date concrètement d’une étude de 2000. Et portait sur trois points. Etat des lieux, dix ans après :"49 familles qui vivaient dans un bidonville ont été relogées au Quai des Platanes. Pour l’aire d’accueil de 46 places sur le terrain municipal de Fourchon, le permis a été délivré. On attend désormais que l’Etat donne son autorisation concernant la loi sur l’eau pour autoriser le lancement des travaux.
Les financements sont là (2 millions d’¤) et l’appel d’offres est aussi lancé pour désigner le délégataire. L’aire devrait être livrée mi-2012. La balle est donc dans le camp de l’Etat. Pour les terrains familiaux, il y a un budget alloué dans le cadre du programme local de l’habitat. Mais il faut trouver du foncier. Nous savons qu’il reste beaucoup à faire. Mais il faut relativiser. Pointer Arles du doigt, c’est facile. Mais qu’est-ce qui est fait aux Saintes (qui accueillent un grand pèlerinage), à Châteaurenard?
La seule aire d’accueil qui va voir le jour dans le département c’est à Arles."
❚ Patrick Hautbout, directeur général des services
"La Ville a toujours eu la volonté d’aider, de trouver des solutions : on a rencontré l’association Dosta, on aide la famille Gorgan, on a installé l’électricité à ceux qui occupent les terrains de la SNCF. Et puis, il y a quand même une histoire entre Arles et la communauté gitane, de Reyès à Kabila. La mixité des communautés fonctionne à Arles. Est-ce que cela sert vraiment la communauté l’agitation que fait Dosta ?".
❚ Nicolas Koukas, adjoint au maire
"Dosta a la Ville en ligne de mire. Mais certaines décisions appartiennent à l’État. Ils y vont un peu fort. Comparer Arles à des villes comme Marseille sur le sujet, ce n’est pas acceptable. Depuis longtemps, on a quand même eu envie de regarder l’Histoire
en face, comme à Saliers. Et ils ont de drôles de méthodes comme cette pétition envoyée au Parti communiste contre le maire avec des signatures falsifiées. Et non, le dialogue n’est pas rompu avec les associations. J’ai proposé une commission pour faire avancer les projets en matière d’éducation notamment", souligne l’adjoint au maire en charge de la Démocratie de proximité.
❚ Yaka de Gitana
Depuis plus de dix ans, l’association intervient auprès de la communauté pour le logement, l’emploi, l’éducation. "Notre cheval de bataille, c’est l’interaction", explique Olivia Moura, sa responsable qui a vu l’évolution de la communauté au fil des années: " Les familles ont intégré le droit commun, sont plus autonomes pour aller en mairie ou voir les assistantes sociales. Et ont compris la nécessité de l’école". Olivia sait que l’aire d’accueil se fait attendre tout autant que les terrains familiaux car les problèmes de foncier et de zones inondables sont là. "Mais la Ville est à l’écoute". Elle sait aussi la difficulté de faire accepter la vie sédentaire. Pour elle "Le quai des Platanes est un échec car les familles sont à l’étroit désormais". Concernant Dosta:" Je n’ai pas de commentaires. Je regrette juste que les trois associations (avec Petit à Petit) n’arrivent pas à travailler ensemble dans la cohésion".
❚Le père Antonio Hernandez
"Je regrette carrément le quai des Platanes. On veut juste vivre notre vie gitane, avoir un terrain avec de la lumière et de l’eau. Pour ne pas perdre nos traditions".
❚Les Suds à Arles
"La photo est un bon vecteur pour marquer son indignation par rapport à l’attaque contre les Roms", note Marie-Jo Justamond des Suds à Arles, dont le Revivre ce soir célèbre entre autres la culture tsigane.Elle s’interroge sur la manière dont est véhiculé le message.
"Mais attention à la manière dont ces photos sont diffusées. Un affichage sauvage dans les rues peut être agressif (certaines affiches ont été déchirées, ndlr) car la population peut avoir l’impression de subir et cela peut engendrer l’inverse : un phénomène de rejet. En plus, Dosta parle de "ville triste". Oui, il y a encore à faire mais c’est vexant : ça fait 35 ans que je suis heureuse de vivre à Arles !"
❚Musiques
Au magasin Musiques, Jean et Catherine Le Guellaut ont posé pour Dosta. "L’association nous a contactés. Cela semblait une bonne idée d’interroger les gens pour faire avancer les choses. Oui, il y a des retards pour l’aire d’accueil à Arles mais est-ce la bonne méthode de porter plainte ? Je ne sais pas. Mais je referais les photos si c’était à refaire. Il faut lutter de toutes manières contre l’exclusion". Le couple Le Guellaut (qui s’en est étonné) ainsi que les autres participants n’avaient pas été conviés à la conférence de presse hier.
Véronique Labbe, responsable
de l’association Notre route- Amaro drom, rejette carrément le projet :"Ces photos ne me plaisent pas. Cela me rappelle certains fichiers et je n’en vois pas l’utilité. Est-ce que cela va vraiment sensibiliser les gens? Je ne pense pas. Et ce n’est pas judicieux de porter plainte contre la mairie. Elle est quand même intervenue auprès de la SNCF pour que les familles restent sur le terrain de la gare. Il faudrait plutôt s’attaquer au gouvernement! Ou au maire de Lille voire au maire du 15e arrondissement de Marseille. Et puis, l’association Dosta, on ne les voit pas sur le terrain. Ils n’étaient pas à Marseille quand les gens se sont fait déloger d’un squat. Soyons sur le terrain, attaquer la mairie ne sert à rien. Et le coup des photos, c’est de la poudre aux yeux. C’est quoi derrière ? Une volonté politique ? Et au fait, avec ces photos, ils vont faire un livre. Mais l’argent de ce livre, il va revenir à qui ?".
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