vendredi 4 juin 2010

Carmen Amaya Tu dansais .....



TU DANSAIS...


Fille de Grenade, on te disait gitane,
Etrange destinée que la tienne,
Ô Maria, enfant d'Orient, ardente flamme.
Tu dansais par les nuits de pleine lune,
Sous la voûte constellée d'étoiles
De nuits chaudes et ensorcelantes...
Tu dansais, femme aux sangs mêlés,
Animée par les plaintes de la guitare,
Séculaire mélodie de l'Amour et de la Mort...
Tu dansais, cheveux aux reins, corps exalté,
A travers les venelles de Grenade,
Ferveur rendue aux voix des Cantaores,
Eternité de la vie, ivresse du rythme...
Tu dansais, cascade de grâce et de lumière,
Déchirante réponse aux sanglots colportés par les vents...
Rêve extasié du Poète de la lune.
Parée de ta robe pourpre, ton regard ambré dans son regard,
Tu dansais, possédée d'une force animale, insoumise,
Transportée par le souffle incandescent des mélopées
Et l'éternité solaire du chant et de la poésie...
Ô Maria, et de cette musique ravie aux dieux,
Dans une soif sauvage de liberté, comme un enlacement de fée,
Tes gestes s'envolaient vers les cieux, telle une prière...
Et tu dansais ces chants de solitude,
Art sacré, essence, vibrations des cordes.
De ton âme, de ton cœur, de ton corps naissait la quête ancestrale,
Errance du Flamenco....
Tu dansais, les poèmes de Federico s'en souviennent encore...
Maria, petite fille trop tôt envolée, éphémère papillon,
Un mal insidieux, ton souffle coupé, ta vie évaporée...
Tu t'es endormie dans la soie des ténèbres,
Avant que l'aube ne pointe,
Le destin a ajouté une étoile à l'infini...
Ô Maria, tu es de tous les pays, ta jeunesse n'a point de tombe...
J'écoute le murmure des vents qui me content ton histoire.
Mon rêve est ton nom, nos songes s'entremêlent,
Et par les fenêtres du temps voyagent entre toi et moi...
Identité, mémoire, je porte en moi tes racines,
Par nos sangs mêlés, Maria, je suis gitane,
Etre sans frontières, je sens ma terre, je la respire,
J'Aime, je vis, et je danse, je danse, je danse.....
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