mercredi 4 novembre 2009

Histoire et vie des gens du voyage (suite)

Préface


Les « Tziganes » sont méconnus. Pour des raisons qui tiennent à la fois aux caractéristiques qu’ils présentent et à l’attitude de ceux qui vous entourent. La plupart de ceux qui nous côtoient ignorent d’où nous venons et pour cause, notre diversité est telle que le regroupement en une seule appellation serait faire l’impasse sur cette diversification composée de trois groupes principaux : Gitans, Manouches, Rrom et d’autres : Sintis, Yenishs, Piémontesis, Lovara, Kalderashs, Valslike, Gypsies, etc.… constituent une seule entité n’est pas le souci de ceux qui les regroupent en une seule appellation « Tziganes » préfèrent se distinguer les uns des autres. Pour marquer cette diversité et le fait que le terme « Tziganes », le pluriel étant là pour indiquer la variété des éléments qui nous composent en une énorme communauté forte de près de quarante millions d’âmes dans le monde qui se diffuse en une mosaïque colorée de groupes diversifiés.

Il est dès lors difficile, dans ce genre de situation, d’établir un portrait fidèle de nos populations, d’en donner une description rendant compte simultanément de la multiplicité des groupes et de nos points de vue. Bon nombre de présentations des « Tziganes » ont été ainsi dévoyé en généralisant à l’ensemble des populations du voyage, ce qui n’est le fait que d’un seul groupe.



Un ouvrage représentant la Communauté comme une globalisation serait caduque avant même que d’exister, en face d’exigences contradictoires de particularité et de généralité, puisque c’est le particulier qui compte aux yeux du « Tzigane » et de l’observateur attentif. Dans le cadre d’une éventuelle synthèse il faudrait plusieurs volumes pour étudier la diversité de nos populations. Le particulier et le général sont importants pour coordonner cette éventuelle synthèse. Or si ces deux perspectives semblent avoir tendance à un certain réductionnisme à plusieurs égards ; il n’en reste pas moins qu’ici on court le risque d’une explication trop complexe pour le néophyte et par trop simpliste pour d’éventuels spécialistes, si l’on peut penser qu’existent des spécialistes ils auraient certainement alors un savoir clos et sclérosant.



Dans cette routine productive de bons nombres de personnes, y compris des médias, les minorités ethniques et plus particulièrement les peuples du voyage, sédentarisés ou non, sont les principales victimes. Car en ce qui la concerne, notre Communauté subit les retombées des écarts d’une minorité, que nous ne nions pas, mais que les journalistes, volontairement ou involontairement généralisant un fait qui souvent n’est celui que d’une personne ou d’un petit groupuscule, n’ayant rien à voir avec l’ensemble, concoure à jeter un certain trouble, laissant la porte ouverte à une éventuelle globalisation.



Le rythme accéléré de la société de consommation, y compris pour nous, permet aux journalistes de n’avoir pas ou de ne pas vouloir prendre le temps, d’approfondir leurs informations et de se documenter efficacement, accréditent de ce fait à la propagation de l’image du voleur de poules (entres autres) dont sont affublés les membres de notre Communauté

Francis DOMINATI




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